Pour Anne Berest, tout est question d’héritage... Photo Michel Sayegh
Cette narratrice, qui peine à trouver sa place entre ses deux sœurs, l'aînée, Irène, 38 ans, un tempérament incandescent, et Charlie, la « typique » petite dernière, va, par contre, marquer de son empreinte, acérée, le style de ce premier roman. L'histoire de trois sœurs, rousses, et de leur rapport au père.
Leur mère est décédée quand elles étaient encore toutes petites.
Leur père a refait sa vie. Au cours d'une réunion familiale, une dispute éclate entre l'aînée des filles et la belle-mère. Cette dernière lâche une bombe. Leur mère aurait eu un amant. Et l'une d'entre elles pourrait être la fille de ce dernier...
À partir de ce récit court, ce drame intime, au ton doux-amer, Anne Berest pousse le lecteur à s'interroger sur les liens du sang et de l'hérédité. Sur les rapports de lignée et de fratrie aussi.
Comment dénouer les liens du sang de ceux du
cœur ? Quel inconscient collectif lègue-t-on parallèlement aux gènes dans une famille ? Autant de questions que pose ce petit texte de 160 pages, écrit dans une langue simple, enlevée, dégraissée de toute fioriture, par une auteure qui assure, pour sa part, avoir « hérité de l'attrait familial pour l'écriture ».
Un goût pour l'écriture qui a poussé Anne Berest à entreprendre de hautes études littéraires. Khâgne et Hypokhâgne, suivis d'un mémoire sur la dramaturgie baroque à la Sorbonne, puis d'un poste de rédactrice en chef des Cahiers du Théâtre du Rond-Point durant trois ans, qu'elle abandonnera pour avoir le loisir de se consacrer à l'écriture romanesque. Et, en parallèle, pour des raisons plus subsidiaires, à la rédaction de livres de
mémoire.
Celle que ses parents avaient rebaptisée, petite, « Sweet & Sour », a semble-t-il trouvé sa voie - et sa voix - littéraire. La première colle à ses rêves de petite fille qui voulait devenir « femme écrivain ». Et la seconde à son surnom d'enfant, douce-amère !


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