Un homme priant dans une mosquée de Téhéran à côté d’un groupe de pilotes de l’armée de l’air iranienne. Raheb Homavandi/Reuters
Dans une lettre qui lui a été transmise dans la matinée, le négociateur iranien sur le programme nucléaire, Saïd Jalili, se dit « prêt à reprendre les négociations » sur la base des conditions exprimées jusqu'ici par Téhéran et formulées dans une lettre du 6 juillet. Une telle rencontre au plus haut niveau entre Téhéran et les grandes puissances impliquées dans les négociations sur le programme nucléaire iranien, le groupe dit « 5+1 » (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne), ne s'est plus produite depuis octobre 2009. Le 15 octobre, Mme Ashton avait proposé à l'Iran une rencontre à Vienne le 15 novembre pendant trois jours pour discuter du programme nucléaire controversé mené par ce pays.
Mme Ashton a indiqué que les grandes puissances souhaitaient que les discussions soient concentrées sur le programme nucléaire iranien, et notamment la question de l'enrichissement d'uranium, que les pays occidentaux soupçonnent de servir des objectifs militaires en dépit des démentis répétés de Téhéran.
À Téhéran, la chaîne Press TV a confirmé que Saïd Jalili avait écrit à Catherine Ashton, mais a rappelé que l'Iran réclamait de ses interlocuteurs « des clarifications sur le programme nucléaire ambigu d'Israël », seul pays du Moyen-Orient passant pour posséder l'arme atomique.
De source diplomatique européenne, on déclare que la réunion avec l'Iran pourrait avoir lieu à Genève, plutôt qu'à Vienne, mais qu'elle pourrait effectivement durer trois jours et que tout pourrait « être mis sur la table ».
Le dialogue, s'il reprend, ne s'annonce pas facile. Selon le New York Times, les États-Unis et leurs alliés européens prépareraient un nouvel accord plus strict sur le programme nucléaire iranien, dans un premier test pour évaluer l'impact de sanctions économiques plus larges. Selon cette offre, l'Iran devrait expédier plus de 1 995 kilos d'uranium faiblement enrichi, deux tiers de plus que la quantité rejetée par Téhéran lors de la tentative d'accord à Vienne il y a un an. L'accroissement répond à une production accrue d'uranium de la part de l'Iran l'an passé et à la préoccupation des États-Unis sur le fait que l'Iran ne doit pas avoir en main l'équivalent en uranium d'une bombe nucléaire, selon le New York Times.
La Maison-Blanche a confirmé jeudi qu'un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien serait nécessairement plus strict que celui rejeté il y a un an par Téhéran, afin de prendre en compte les avancées de la République islamique entre-temps.

