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Liban - Séminaire

La presse face à la violence contre l’enfance

Protéger l'enfance contre la violence est, certes, le devoir des autorités libanaises, des parents et de la société dans son ensemble. C'est aussi la responsabilité, au quotidien, des journalistes et des médias.

Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, lors de son allocution. Photo Nasser Traboulsi


Un séminaire consacré aux journalistes sur la protection des enfants contre la violence a été organisé durant deux jours par le ministère des Affaires sociales, à l'hôtel Rotana à Hazmieh. Il s'est déroulé avec la participation du ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, et de la coordinatrice de presse du Conseil arabe de l'enfance et du développement, Iman Bahieddine. Son objectif principal a porté sur le renforcement de la protection des enfants contre la violence dans le monde arabe, par la mise en place d'une charte de la presse arabe et la création d'un réseau de journalistes libanais.

Souci de vérité
La violence contre l'enfance est présente partout au Liban, à la maison, à l'école, dans les rues, dans les lois et même dans les médias, sans oublier les images à consonance sexuelle diffusées sur Internet. « La presse doit briser le mur du silence autour de la violence contre l'enfance », martèle le ministre Sélim Sayegh. Il ajoute que les violations des droits de l'enfance doivent être considérées comme « prioritaires ». Il dénonce aussi la diffusion, par la presse, d'images de violence qui peuvent agresser l'enfance. « La presse doit avoir un rôle prépondérant dans l'évolution d'une société, dans le changement des lois », estime-t-il, invitant les médias à conduire leurs programmes et leurs sujets avec responsabilité, de manière à protéger l'enfance, dans le respect de l'étique professionnelle.
Le problème est que le Liban a été l'un des premiers États à ratifier la Convention internationale des droits de l'enfant des Nations unies, en 1989. « Mais il n'a toujours pas réussi à mettre en place les modalités d'application de cette convention », constate la secrétaire générale de l'AFEL (Association du foyer de l'enfant libanais), Amal Farhat Bassil. Une nécessité, malgré le caractère supranational de la Convention internationale des droits de l'enfant.
De son côté, la psychologue clinicienne Suzanne Jabbour, engagée auprès des enfants à besoins spécifiques dans le cadre de l'Association Fista (First Step Together Association), déplore « la mauvaise exploitation » par les médias de certaines histoires de violence contre l'enfance. « Parfois, la presse ignore totalement certains sujets. Souvent, elle ne respecte pas les intérêts supérieurs de l'enfant », dénonce-t-elle, invitant les journalistes à relater les faits, dans un souci de vérité, sans exagération. Mme Jabbour insiste aussi sur la nécessité de ne pas faire revivre son expérience à la victime. « Il ne faut pas, non plus, manquer d'évoquer les mesures positives », conseille-t-elle.

Mettre en valeur les mesures positives
S'attardant sur les lois locales de protection de l'enfance contre la violence, Alice Keyrouz Sleiman, présidente du Forum d'associations des droits de l'enfant au Liban, met l'accent sur l'évolution des lois libanaises, évolution dans laquelle la presse doit jouer un rôle de taille.
Elle évoque, à titre d'exemple, la nécessité d'améliorer la loi relative au travail des enfants et dénonce l'usage de la mention « enfant illégitime » sur les fiches d'état civil familial. « La loi doit protéger l'enfant de la discrimination », affirme l'avocate à ce propos. Elle invite également les autorités à « éliminer un texte de loi qui annule les sanctions contre le violeur d'une fillette qui épouse sa victime ».
Me Sleiman mentionne, par ailleurs, la loi contre le trafic d'enfants et insiste sur la nécessité de sanctionner sévèrement les acteurs d'un tel trafic. « Si le Liban veut réellement respecter la Convention internationale des droits de l'enfant, il doit aussi s'occuper des enfants des rues et prendre la décision politique adéquate envers les enfants étrangers », dit-elle. Elle met aussi en exergue le devoir du pays de protéger les enfants des conflits armés.
L'avocate estime important de mettre en valeur les mesures positives prises par les autorités, plus spécifiquement dans la mise en place, en 2002, de la loi 422 de protection contre les mineurs en conflit avec la loi. Elle ajoute que cette loi nécessite toutefois certains amendements, pour respecter les droits de l'enfant de manière plus appropriée.
Un débat sur l'éthique journalistique a ponctué le séminaire, portant sur la nécessité de protéger l'identité des enfants victimes. Débat riche et animé, qui a suscité de nombreuses interrogations concernant la conduite à adopter face à des sujets et des situations particulièrement sensibles.
Un séminaire consacré aux journalistes sur la protection des enfants contre la violence a été organisé durant deux jours par le ministère des Affaires sociales, à l'hôtel Rotana à Hazmieh. Il s'est déroulé avec la participation du ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, et de la coordinatrice de presse du Conseil arabe de l'enfance et du développement, Iman Bahieddine. Son objectif principal a porté sur le renforcement de la protection des enfants contre la violence dans le monde arabe, par la mise en place d'une charte de la presse arabe et la création d'un réseau de journalistes libanais.Souci de véritéLa violence contre l'enfance est présente partout au Liban, à la maison, à...
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