Le président Barack Obama, qui a fait campagne en 2008 pour un désengagement des États-Unis en Irak, a en revanche opté pour l'envoi de renforts en Afghanistan. Paradoxalement, ses choix sont aujourd'hui mieux acceptés dans le camp républicain que par l'aile gauche du Parti démocrate. « On comprend bien pourquoi aucune formation n'en parle beaucoup. Pour le président, c'est négatif dans son propre parti, c'est pourquoi on ne l'entend pas beaucoup sur le sujet », observe Karlyn Bowman, membre de l'American Enterprise Institute, un cercle de réflexion.
Si cette guerre ne mobilise pas l'électorat, celle d'Irak a en revanche valu à George Bush de perdre sa majorité au Congrès il y a quatre ans. Le basculement - loin d'être exclu - de l'une des deux Chambres où les démocrates sont majoritaires serait cette année à mettre sur le compte de la situation économique, du chômage ou du plan de sauvetage du système financier.
Les forces américaines déployées en Afghanistan n'ont enregistré jusqu'ici que de maigres résultats. Chassés du pouvoir fin 2001, les talibans se sont réorganisés alors que George Bush privilégiait le front irakien. L'envoi de renforts que Barack Obama a ordonné au début de l'année a, certes, enrayé leur retour en force, mais Washington reconnaît que la guerre ne peut être gagnée militairement et juge que les négociations, à peine ébauchées, sont le seul moyen d'y mettre fin. Cette guerre est devenue pour certains la plus longue de l'histoire des États-Unis.
Pour Robert Gates, secrétaire à la Défense, l'absence de débat électoral sur l'engagement américain en Afghanistan s'explique simplement : « Aucun conflit majeur de notre histoire n'a été livré avec un pourcentage aussi réduit de nos citoyens sous les drapeaux à temps plein. Pour la plupart des Américains, la guerre reste une abstraction, une série d'informations lointaines et déplaisantes qui ne les affectent pas personnellement. »

