L'écho à la visite de M. Ahmadinejad est resté positif. Le chef du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, l'a désignée comme étant « stratégique ». Dans une interview à Paris-Match, il a estimé qu'elle a un double objectif : « Montrer au monde, alors que des sanctions sont imposées à Téhéran, que l'Iran compte toujours de vrais amis dans la région et qu'il n'est pas isolé, et mobiliser ses groupes et ses alliés au Liban. » « Par groupes et alliés, j'entends le Hezbollah qui possède les armes et un service des renseignements, ainsi que les alliés de la Syrie et de l'Iran qu'Ahmadinejad est venu mobiliser, dans le but de déterminer l'orientation de la bataille et de détourner l'attention du dossier des armes nucléaires et du Tribunal spécial pour le Liban vers Israël », a indiqué M. Geagea. Selon lui, si le président iranien a tenu deux discours différents au Liban, au palais de Baabda, puis dans la banlieue sud de Beyrouth et dans la partie méridionale du pays, « c'est parce que sa visite est à deux volets : le premier est officiel et le deuxième est idéologique et stratégique, puisqu'il s'agit d'une visite au Hezbollah ».
M. Geagea a exclu une guerre interne mais n'a pas écarté la possibilité d'une guerre régionale qui peut affecter le Liban.
Le député Tammam Salam a constaté, dans une déclaration à la Voix du Liban, que le président iranien s'est montré soucieux de l'unité interne libanaise, précisant que s'il s'est adressé dans son discours à une partie déterminée des Libanais, il n'a pas en revanche critiqué l'autre. M. Salam s'est aussi arrêté sur le discours du secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, dans lequel il avait dit que l'Iran n'avait pas de projet pour le Liban mais qu'elle soutient celui que les Libanais choisissent pour eux-mêmes. Il a demandé au parti de Dieu de « mettre en application ces propos, étant donné les positions qui sont adoptées de temps en temps ».
Son collègue Nidal Tohmé a estimé, dans une déclaration devant ses visiteurs, que la variété d'opinions au sujet de la visite de M. Ahmadinejad « est une nouvelle confirmation des caractéristiques de la société libanaise qui reste attachée à la liberté d'opinion et à la démocratie ». M. Tohmé a ensuite dit avoir « de nombreuses réserves sur des propos tenus par le président iranien, dans la mesure où ils sont en contradiction avec les engagements internationaux du Liban ainsi qu'avec la libanisation de la résistance ».
Le chef du conseil chérié du Hezbollah, cheikh Mohammad Yazbeck, a critiqué le fait que « des médias locaux et internationaux ont déformé la visite », alors que l'ancien ministre Wi'am Wahhab a jugé que les critiques contre le président iranien sont un service rendu à Israël, parce que seuls l'État hébreu et les États-Unis sont lésés par sa visite au Liban.
Pour sa part, le député Michel Hélou a considéré que le président iranien a tenu compte, dans son discours, de la diversité d'opinions et de positions au Liban, ainsi que de la situation démographique et communautaire du pays. Selon lui, sa visite n'aura aucune influence sur la scène locale, « parce qu'il a évité d'aborder des questions internes ».
M. Hélou a ensuite invité l'État à trouver une formule pour demander au TSL de retarder la publication de l'acte d'accusation, en attendant que les autorités judiciaires libanaises tranchent au sujet du dossier des « faux témoins ». « Peut-être qu'il sera possible à ce moment-là de trouver de nouvelles pistes ou de tomber sur des personnes ayant des informations fondamentales sur l'attentat (du 14 février 2005) et de sanctionner ainsi les criminels et non pas les personnes accusées politiquement », a-t-il dit, dans une interview au site d'informations électronique Nowlebanon.

