Avant toute chose, saluons la prise de risque et l'engouement qu'ont entrepris conjointement Maserati et G.A. Bazerji & Sons, agent de la marque au Liban, pour organiser ce « Ride & Drive » au pays du Cèdre. Ce test drive a regroupé en effet des dizaines de journalistes et de VIP de la région, et ce malgré la situation politique instable du pays, la foison de nids-de-poule et le chaos total sur nos routes locales, etc.
Une première au Liban !
Retour au sérieux. La besogne du jour consistait à prendre en main les quelques centaines de pur-sang mis à notre disposition le temps d'une journée : Quattroporte S, Quattroporte Sport GT S, GranTurismo S Automatique, GranTurismo MC Sport Line et deux Gran Cabrio. Trois philosophies de conduite et des moteurs V8 développant 440 ch et 0 à 100 km/h en près de 5 secondes (en moyenne).
Voilà pour les présentations.
Trident familial
Après le briefing matinal à l'hôtel Vendôme à Aïn el-Mraisseh, le départ de notre périple se fait à bord de la Quattroporte Sport GTS. Inutile de traîner dans la grisaille citadine. Direction Kefraya à travers les longues routes étirées et torturées de Beiteddine, où l'on pourra profiter pleinement de la cavalerie sous le pied droit.
De l'extérieur, la GTS échange le chromé de la Quattroporte S au profit d'un noir plus agressif : intérieur des phares, calandre, joncs de contour de vitres, double sortie d'échappement désormais ovale... Le ton est donné.
Sur l'autoroute, on « cruise » à vitesse raisonnable et la Quattroporte Sport GTS se cantonne à l'essentiel : prendre soin de ses occupants dans un confort presque indécent. De quoi pouvoir scruter patiemment l'intérieur.
Rien à dire. L'ambiance y est chaleureuse, la finition et la qualité des matériaux sont très bonnes : les ajustements sont millimétrés, les éléments de plastique ne sont pas nombreux... Pour le reste, c'est du grand art : sellerie cuir/alcantara, inserts en véritable carbone, cuir, aluminium.
Le pied droit se dérouille enfin une fois avoir dépassé le barrage de l'armée à Khiam el-Damour. Plein gaz.
C'est ici que l'on comprend que cette version GTS de la berline luxueuse et sportive n'offre que ce qu'il faut en plus d'électronique.
En effet, l'intérêt de cette Sport GTS réside dans un bouton situé sur la console centrale : le mode « sport ». Il permet à la GTS de se muer en quelque chose d'autre qu'une « simple » S. Ce mode influe sur la cartographie (avec une montée en régime plus rapide et une puissance maxi augmentée de 10 ch), sur les lois de passage de la boîte de vitesses à 6 rapports et, le plus audible, sur les valves à l'échappement. Eh oui, les différences entre une S et une GTS se voient peu, mais elles s'entendent surtout !
Sur ces routes sinueuses, les chevaux prennent leur envol. Les 440 ch du V8 de 4,7 l ronronnent et hurlent en fonction du régime moteur.
Trident aiguisé
Changement de voiture une fois arrivé à la réserve des cèdres du Chouf. On délaisse la vision romantique de la grande berline de luxe pour enfourcher la redoutable GranTurismo MC Sport Line dans sa robe blanche perlée mate. Absolument envoûtante !
La MC Sport Line, qui n'est autre qu'une GranTurismo S « tunée », reçoit un traitement aérodynamique par l'ajout de spoilers en fibre de carbone à l'avant et à l'arrière et des jupes latérales. Le style est accentué par des jantes 20 pouces en noir brillant. Pour la finition, on note également les rétroviseurs et les poignées de porte en fibre de carbone.
La bête reprend l'intégralité des solutions techniques avancées par la GranTurismo S, à commencer par le V8 4.7l de 440 chevaux associé ici à une manuelle robotisée à double embrayage et six rapports.
Le comportement routier progresse lui aussi : une suspension plus ferme et rabaissée de 10 mm ainsi que de nouvelles barres antiroulis font leur apparition.
Histoire d'en rajouter une couche, et comme les bonnes surprises ne viennent pas seules, une fine pluie vient mouiller le bitume. On va pouvoir sérieusement tester le châssis et se divertir à bord de cette propulsion sur la route qui mène à Kefraya.
Calé sur ses appuis, le reste de la horde suit difficilement le rythme imposé par la MC Sport Line. Il faut dire qu'avec ses roues extralarges (285 à l'arrière), et sa boîte de vitesse aussi rapide que bestiale, la voiture griffe le goudron et enchaîne les virages comme des perles. Le résultat est stupéfiant.
À la moindre sollicitation de l'accélérateur, elle vous plaque farouchement au fond des baquets pour vous expédier au-delà des limitations de vitesses en vigueur. À son pic de puissance haut perché s'ajoute un couple maxi (490 Nm) ne déboulant pas avant 4 750 tours minutes.
Et quand le moteur cravache, la plantureuse italienne délivre une symphonie en fa majeur volcanique, qui ne s'achève qu'à notre retour à Beiteddine.
Trident au vent
Dernier arrêt et dernier essai de la journée avec la GranCabrio. Parfait timing puisque le soleil pointe à nouveau le bout de son nez.
Tout comme le coupé, la ligne est magnifique et la capote en toile ne distorde en rien les traits du cabriolet. Et lorsque 28 secondes plus tard, la belle a tombé le haut, le spectacle n'en est que
magnifié !
Premier vrai cabriolet 4 places de la marque, on découvre un habitacle qui a tout du raffinement du coupé. À peine installé derrière son volant, le parfum capiteux du cuir monte à la tête.
Les sièges semi-baquets sont une véritable invitation au voyage. Pas trop durs pour rester confortables, ils enserrent les occupants pour leur plus grand plaisir. À l'arrière, contrairement à ce que l'on serait en droit de craindre, les deux sièges restent tout à fait exploitables par des adultes.
Sur route, l'état relativement délabré de l'asphalte provoque quelques vibrations, mais pour un cabriolet à l'empattement aussi long (2,94 m), la rigidité est surprenante. Il faut dire que Maserati n'a pas lésiné sur les moyens en octroyant de nombreux renforts à ce cabriolet.
On se félicite donc que le soin accordé au confort de cet imposant cabriolet n'ait finalement que peu d'incidence sur son agilité. Son bel équilibre et son aplomb dans les courbes illustrent là les vertus d'une répartition des masses optimales.
Spécifications
Moteur
Type : V8 essence, 32 soupapes
Cylindrée : 4 691 cm³
Puissance : 440 ch à 7 000 trs/min (sauf Quattroporte S : 430 ch)
Couple : 50 m/kg à 4 750 trs/min
Performances
A B C D
0-100 km/h (s) : 4,9 5,3 5,1 5,4
400 M d.a. (s) : 13,0 13,2 12,27 13,7
1 000 M d.a (s). : 23,0 23,3 24,1 24,7
Vitesse max (km/h) : 295 283 285 280
A : GranTurismo S Automatique et MC Sport Line
B : Grancabrio
C : Quattroporte Sport GT S
D : Quattroporte S.
Conclusion
La gamme Maserati distille un plaisir peu commun : voitures plaisir, belles à damner, délicieuses à entendre et excitantes à conduire. À bord, le moindre bout droit est une rampe de lancement et chaque virage en aveugle procure une poussé d'adrénaline intense tant le grip est étonnant. Nous sommes entièrement sous le charme de ces bijoux qui se négocient à partir de... $190 000 !

