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Liban - Analyse

La visite d'Ahmadinejad au Liban, un message fort à Washington

Le président iranien, qui vient d'achever une visite au Liban, a voulu montrer à Washington, en lutte avec Téhéran sur son programme nucléaire, que l'Iran était un élément clé de la stabilité au Moyen-Orient avec lequel il faut négocier, selon les analystes. La visite officielle de Mahmoud Ahmadinejad, qui a effectué un déplacement hautement symbolique dans le sud frontalier d'Israël, a été perçue comme une marque de soutien à son allié, le Hezbollah, qui prône la lutte contre l'État hébreu.

Washington a estimé que la visite d'Ahmadinajad au Liban-Sud était néfaste pour la souveraineté du Liban et la sécurité de la région, mais Téhéran s'est obstiné à envoyer son message... /

"L'Iran est devenu un acteur incontournable car il détient des cartes clés dans la région", affirme l'expert libanais en politique internationale Amine Kammourieh.
Les États-Unis, qui accusent l'Iran d'armer le Hezbollah, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'activités civiles, ce que nie la République islamique, qui est sous le coup de sanctions internationales en raison de ce dossier.
"Téhéran, qui se trouve dans le sud du Liban à travers le Hezbollah et à Gaza à travers le Hamas palestinien, est en train de dire aux États-Unis que leurs tentatives de l'isoler ne serviront à rien", souligne-t-il en référence aux deux mouvements bêtes noires d'Israël, classés comme terroristes par Washington.
Selon lui, en se rendant dans le Sud, "là où Israël a connu une cuisante défaite, M. Ahmadinejad a voulu dire à Israël: vous ne nous faites pas peur, au contraire c'est nous qui vous effrayons", ajoute-t-il.
Pour le quotidien indépendant al-Anouar, le président iranien a aussi voulu dire aux Américains : "Si vous isolez l'Iran, l'Iran vous acculera au Liban et ailleurs".
En 2006, lors d'une guerre destructrice de 33 jours, Israël n'est pas parvenu à neutraliser le Hezbollah, ce qui, selon les déclarations du président M. Ahmadinejad mercredi à Beyrouth "a changé l'équilibre de force dans la région".
"Téhéran dit clairement aux États-Unis qu'ils ne sont pas parvenus à l'éloigner du Liban, que ce pays reste sur le front de la lutte et de la résistance", estime M. Kammourieh.
Washington a affirmé jeudi que la visite de M. Ahmadinejad dans le sud du Liban était néfaste pour la souveraineté du pays et la sécurité de la région.
Mais "malgré tout ce tapage, la réalité est que les Américains savent qu'ils ne peuvent traiter les dossiers libanais, irakien, pakistanais et même afghan sans passer par les Iraniens", souligne Rime Allaf, du groupe de réflexion indépendant Chatham House basé à Londres. Il est "impossible de parvenir à la paix dans la région sans tenir compte d'une puissance comme l'Iran", poursuit-elle.
Mohammad Saleh Sedghian, du Centre arabe pour les études iraniennes, basé à Téhéran, renchérit que Washington se doit désormais de négocier avec Téhéran sur les principales questions de la région.
"Cette visite envoie un message clair à l'administration américaine qu'aucun accord politique ou de sécurité ne peut être conclu dans la région sans la participation de l'Iran, sinon il sera voué à l'échec", affirme-t-il.
Cependant, malgré la place stratégique que l'Iran occupe au niveau des rapports de force dans la région, certains doutent de sa capacité à rivaliser avec l'influence américaine dans cette zone tourmentée.
"L'Iran peut-il remplir le vide créé au Moyen-Orient après le "suicide" de l'Union soviétique et le retrait des Américains dans certains endroits?", s'interroge le quotidien panarabe al-Hayat, en référence notamment à la fin de la mission américaine de combat en Irak, sept ans après l'invasion.

"L'Iran est devenu un acteur incontournable car il détient des cartes clés dans la région", affirme l'expert libanais en politique internationale Amine Kammourieh.Les États-Unis, qui accusent l'Iran d'armer le Hezbollah, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'activités civiles, ce que nie la République islamique, qui est sous le coup de sanctions internationales en raison de ce dossier."Téhéran, qui se trouve dans le sud du Liban à travers le Hezbollah et à Gaza à travers le Hamas palestinien, est en train de dire aux États-Unis que leurs tentatives de l'isoler ne serviront à rien", souligne-t-il en référence aux deux mouvements bêtes noires d'Israël, classés...
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