Avant son départ, le président iranien s'est rendu jeudi soir auprès du vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, qui l'a reçu en présence du mufti jaafari, Ahmad Kabalan.
Invité par son hôte à se rendre en Iran, cheikh Abdel Amir Kabalan a applaudi « aux réalisations scientifiques de l'Iran sous le mandat de l'ayatollah Ali Khamenei, dans la mesure où elles ont haussé le pays au rang des puissances dont le rôle s'accroît dans la région ».
Hier, Amal et le Hezbollah ont fait paraître un communiqué dans lequel ils ont exprimé leur « satisfaction et leur appréciation » de la viste du président Ahmadinejad « qui a mis en relief la profondeur des relations entre les deux États et les deux peuples et l'attachement de la République islamique au Liban et à ses institutions ».
Commentant la visite du président iranien, M. Hussein Moussaoui, député du Bloc parlementaire du Hezbollah, s'est félicité de ses résultats et a rappelé le soutien « permanent et infaillible de Téhéran au Liban ».
Selon lui, « l'Iran n'a aucun projet politique visant la région et notamment le Liban, à part l'unification des deux mondes arabe et islamique face au danger découlant de la présence de l'entité israélienne soutenue par les États-Unis ».
Son collègue Nawwar Sahili n'a vu « que du bon » dans la visite du président iranien. C'est ce qu'il a dit à l'agence locale Akhbar el-Yom, tout en se félicitant de ce que M. Ahmadinejad ait « invité les Libanais à s'entendre et à régler eux-mêmes leurs problèmes, sans compter pour cela sur une aide extérieure ».
Le ministre du Tourisme, Fadi Abboud (proche du courant aouniste), a relevé dans une interview télévisée « la modestie » qui a entouré la visite du président iranien et jugé que « l'acceptation de l'autre est évidente dans le comportement iranien et s'inspire de l'expérience interne iranienne ». « En dépit des caractéristiques du président Ahmadinejad, nous ne disons pas que l'Iran représente une société modèle, tout comme le Liban d'ailleurs, et personne n'essaie de s'inspirer du système iranien ou de l'appliquer au Liban », a indiqué le ministre, qui a affirmé redouter un retour de la série noire des assassinats politiques. « Certains, a-t-il expliqué, ont intérêt à ce que la situation se détériore et à ce qu'un nouveau Moyen-Orient voie le jour. »
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah (Amal), s'est dit « confiant dans les répercussions positives de la visite de M. Ahmadinejad sur le Liban » et assuré que le Conseil des ministres de mercredi, portant sur le dossier des faux témoins, sera calme. Abondant presque dans le même sens, le député Michel Moussa (proche du mouvement Amal), a estimé que cette visite a « permis l'ouverture d'un dialogue réel et sérieux sur de nombreuses questions en suspens, en marge du volet officiel, puisque toutes les parties étaient présentes pour l'accueillir ».
Le député Farid el-Khazen (courant aouniste) a mis l'accent dans une interview à l'agence locale al-Markaziya sur le fait que la visite s'inscrit dans le cadre des rapports d'État à État et que le discours du président iranien « dans la banlieue sud de Beyrouth n'a rien apporté de nouveau aux positions traditionnelles de l'Iran ».
Selon lui, « l'élément le plus important de la visite reste le rôle que l'Iran et d'autres États peuvent jouer pour aider à trouver une solution à l'affaire du Tribunal spécial pour le Liban ».
Le député Hani Kobeyssi (Amal) a salué « une visite historique qui fait l'objet d'une unanimité nationale en dépit des quelques voix discordantes qui se sont élevées pour la critiquer ». Idem pour son collègue Assaad Hardane (PSNS) qui y a vu « un message confirmant la solidité de l'alliance du front de solidarité qui cherche à en finir avec l'occupation » israélienne de territoires arabes.

