Le 12e plan quinquennal devrait comporter peu de surprises et valider la politique consistant désormais à favoriser la demande intérieure pour limiter la dépendance de la Chine de ses exportations et améliorer la couverture sociale afin d'éviter que ne se creuse encore le fossé entre les riches et les pauvres et de limiter les risques d'instabilité.
Toutefois, les réformes politiques devraient susciter des débats, probablement vifs, alors qu'approche la fin des mandats du président Hu Jintao et du Premier ministre Wen Jiabao, en 2013. Mais alors que montent les appels à une démocratisation en Chine, encouragés par l'attribution du prix Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo il y a une semaine, les discussions ne porteront pas sur un pluralisme à l'occidentale, mais sur la démocratie interne au sein du PCC dirigé par Hu Jintao, avertissent les experts. « Le plénum pourrait se conclure sur quelques promesses superficielles, mais rien de plus », prédit Willy Lam, de l'université chinoise de Hong Kong.
Cette semaine, d'anciens hauts responsables du PCC et de médias chinois ont interpellé le gouvernement dans une pétition au style très direct dénonçant le manque de liberté d'expression. « Si le Parti communiste ne se réforme pas lui-même, s'il ne se transforme pas, il mourra de mort naturelle », estiment les auteurs de la lettre publiée sur l'Internet, avant d'être effacée par les censeurs.
Hier, une autre lettre audacieuse réunissant une centaine de signatures appelait les dirigeants à libérer le Prix Nobel Liu Xiaobo et tous les autres dissidents et à « mettre en œuvre une transition sociale pacifique afin de faire de la Chine un pays démocratique, doté d'un État de droit digne de ce nom ».
Cette lettre a été écrite par Xu Youyu, professeur retraité de philosophie politique à l'Institut de philosophie de l'Académie des sciences sociales, Cui Weiping et Hao Jian, professeurs à l'Institut du cinéma, et Jia Jia, chercheur.
Enfin, les experts de la Chine attendent de voir avec intérêt si ce plénum confirmera le scénario attendu pour la relève politique en Chine, et notamment si le vice-président Xi Jinping accédera à la vice-présidence de la puissante Commission militaire centrale.
Le fait qu'il n'ait pas été nommé au dernier plénum à ce poste qui logiquement ferait de lui le futur numéro un chinois avait intrigué les sinologues.
Mais celle-ci pourrait être le théâtre d'intenses batailles politiques.

