Wilders, lors de son procès, hier. Peter Dejong/Pool/Reuters
Les critiques de Geert Wilders envers l'islam peuvent être « scandaleuses », mais elles ne sont pas « punissables », avait estimé auparavant le parquet dans son réquisitoire contre le député néerlandais. « Cela peut être perçu comme scandaleux, inhumain, et cetera et cetera, mais la question que nous devons nous poser c'est de savoir si (...) cela peut être considéré comme une incitation à la haine », a déclaré le procureur Birgit Van Roessel, lors d'une audience à Amsterdam. Ce n'est pas le cas, selon la magistrate : « La critique ne peut être punissable que si elle se dirige de manière incontestable vers les individus eux-mêmes et non uniquement vers leurs convictions. » « Blesser les sentiments, les sentiments religieux, ne joue aucun rôle », a-t-elle souligné. « Wilders fait ses déclarations en tant qu'homme politique. Nous pensons que le fait qu'il les a prononcées dans le cadre du débat public les rend non punissables », a également insisté Birgit Van Roessel dans son réquisitoire.
Mardi dernier, le parquet avait demandé, en entamant son réquisitoire, que le chef de file du parti d'extrême droite PVV ne soit pas poursuivi pour « outrage à un groupe de personnes », l'un des cinq chefs de prévention dont M. Wilders doit répondre.
Le ministère public avait estimé que « comparer Mein Kampf au Coran » pouvait être « blessant », mais que cela ne constituait pas un délit. Outre sa comparaison du Coran au livre Mein Kampf d'Adolf Hitler, le député a également qualifié l'islam de « fasciste » et réclamé l'interdiction du Coran, comparé au livre, dans des déclarations faites entre 2006 et 2008 dans des journaux néerlandais, sur des forums Internet et dans son film Fitna. Dans ses déclarations, M. Wilders avait affirmé que les musulmans devraient se conformer à la « culture dominante » ou s'en aller.
« Il souhaite une adaptation de la part des musulmans. Nous pouvons considérer cela comme inutile, déraisonnable ou même honteux (...), mais ce n'est pas équivalent à une incitation à la haine », a affirmé Mme Van Roessel.
Le parquet néerlandais avait décidé le 30 juin 2008 de ne pas engager de poursuites à l'encontre de M. Wilders, estimant que ses déclarations et son film s'inscrivaient « dans le cadre du débat public ». Mais la cour d'appel d'Amsterdam, saisie par plusieurs plaignants, avait ordonné au parquet le 21 janvier 2009 de poursuivre le député.
Le procès de M. Wilders, qui encourt jusqu'à un an de prison ou 7 600 euros d'amende, s'était ouvert le 4 octobre. Sept journées d'audience étaient prévues et le jugement devrait être rendu le 5 novembre.
Le Parti pour la liberté (PVV), troisième aux élections législatives anticipées du 9 juin avec 24 sièges de députés sur 150, a apporté son soutien au gouvernement libéral chrétien-démocrate minoritaire du nouveau Premier ministre néerlandais, le libéral Mark Rutte.

