Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a considéré l’offre européenne comme « une bonne nouvelle ». Photo AFP
Sans attendre une réponse écrite de M. Jalili à son offre de reprise des pourparlers, Catherine Ashton avait décidé jeudi de prendre les devants en proposant qu'ils aient lieu pendant trois jours mi-novembre, si possible à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mme Ashton est, comme son prédécesseur Javier Solana, l'intermédiaire des six grandes puissances pour les discussions sur le programme nucléaire iranien. Mais les négociations devront être menées avec sérieux, a averti hier à Bruxelles le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini. « Ce que nous voulons ce sont des résultats, pas une négociation juste pour négocier », a-t-il insisté.
Les dernières discussions au plus haut niveau entre le groupe dit 5+1 et Téhéran remontent au 1er octobre 2009 à Genève. Face à l'impasse des discussions, le Conseil de sécurité de l'ONU avait renforcé le 9 juin les sanctions économiques internationales contre l'Iran. Et les États-Unis ainsi que l'UE les ont encore renforcées de leur côté. Ces mesures interdisent notamment tout investissement dans l'industrie pétrolière, gazière ou pétrochimique. Elles visent également les banques, les échanges financiers, les assurances et les sociétés maritimes iraniennes. Dernière illustration de leur impact : le groupe pétrolier japonais Inpex a annoncé hier son retrait du plus important gisement iranien. Téhéran, qui disait auparavant importer 30 % de ses besoins en pétrole raffiné, affirme aujourd'hui que ces sanctions sont sans effet et n'avoir plus besoin d'importer de l'essence de l'étranger. Les pays occidentaux soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, sous couvert d'un programme d'enrichissement d'uranium officiellement civil, ce dont Téhéran se défend.
Ces derniers temps, les Iraniens avaient ouvertement critiqué Mme Ashton. Ils l'avaient appelé à faire davantage pour permettre une reprise des négociations, lui reprochant d'être « moins active » que son prédécesseur Javier Solana et semblant du même coup remettre en cause son rôle de pivot dans les discussions. Mme Ashton a toutefois reçu cette semaine un ferme soutien des États-Unis. « Catherine va conduire la communauté internationale dans ces négociations », a ainsi déclaré jeudi à la BBC Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine, à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec Mme Ashton. « Bien entendu, c'est moi qui, mandatée par ce groupe de pays (les six puissances), conduirai les négociations », a ajouté à ses côtés Mme Ashton.

