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Culture - Viie Art

Luca Guadagnino a clôturé le BIFF avec de l’« Amore »

De passage au Liban pour la clôture du Festival international du film de Beyrouth, le jeune cinéaste italien Luca Guadagnino a présenté son œuvre « I am Love » (Amore) et a parlé de cette passion inaltérable qui l'habite, le cinéma.

Luca Guadagnino: «Dans le cinéma, il faut prendre des risques.» (Houssam Mcheimech)

I am Love a fait déjà le tour des grandes capitales et reçu la consécration de grands festivals (Prix de la meilleure interprétation féminine à Berlin pour Thilda Swinton). Aujourd'hui projeté dans la capitale libanaise, il semble pour Luca Guadagnino que la boucle est bouclée.
Dans les cadres successifs de la ville industrielle, Milan, et de la campagne méditerranéenne de San Remo, le cinéaste brosse une histoire d'amour passionnelle qui va déchirer une grande famille capitaliste bourgeoise et figée.
Rien de nouveau, apparemment, côté sujet. Mais là où Guadagnino innove et crée la surprise, en sortant des sentiers battus et en signant un film personnel non copié et formaté sur d'autres œuvres cinématographiques, c'est lorsqu'il emmène le spectateur vers des univers vierges, non encore défrichés. À la question de savoir s'il s'est inspiré d'anciens réalisateurs (surtout par cette couleur grisâtre du plan sur Milan enneigée et un générique rappelant le cinéma européen des années 50, ou encore par le personnage de Swinton, qui n'est pas sans rappeler une Virna Lisi ou une Monica Vitti), le cinéaste répond immédiatement qu'il ne croit pas qu'il y a d'anciens metteurs en scène ni d'anciens films, car le cinéma est une «chose vivante» qui parle de soi, de l'état du monde et de l'humanité avec ce constat «d'ici et maintenant».
«Quand je vois un film de Rossellini ou d'Antonioni, dit-il, il me semble que ces grands films sont actuels. Ils me divertissent, me donnent à réfléchir et m'inspirent en tant que réalisateur, alors que beaucoup de films contemporains sont ennuyeux car ils ne m'apportent rien de nouveau.» Et d'ajouter: «Ça ne vaut pas la peine de réaliser un film si on veut reproduire un schéma, une méthode décidée d'avance avant que le film ne s'exprime lui-même. J'aime donc à penser que ces réalisateurs sont encore vivants dans cette grande histoire du cinéma.»

Un amour inébranlable pour le cinéma
Pour ce metteur en scène passionné, à la limite «bossy», dit-il encore en rigolant, il n'y a pas de mystère, ni un mode d'emploi: «Un bon film, c'est celui qui m'incite à oser, à être courageux et à prendre
des risques.»
Et les risques, Luca Guadagnino sait en prendre. D'abord avec un court-métrage controversé, intitulé Qui, sélectionné au Festival de Taormina en 1997, puis par vidéoclips divers qui lui permettront d'obtenir le MTV European Award du meilleur clip pour l'artiste Elisa. Son premier long-métrage, The Protagonists, il le réalise à 28 ans lorsqu'il dirige la comédienne Tilda Swinton avec qui il collabore souvent. Le film sera sélectionné au 56e Festival de Venise et obtiendra une mention spéciale. «Cette actrice est pour moi, confie-t-il lors de l'entrevue, comme une âme sœur. Elle comprend tout ce que je veux.» Il tournera de nouveau un documentaire avec elle, lequel sera aussi sélectionné au Festival de Venise, en 2004. Il rappellera d'ailleurs l'actrice pour le rôle principal de I am Love (Amore) en 2010.
Côté théâtre, le metteur en scène montera aussi des pièces avant qu'elles ne soient connues par le large public au cinéma. Les risques, donc, Luca Guadagnino les connaît bien.
«C'est avec peu de moyens et sans coproduction que j'ai réalisé I am Love. Avec mon directeur de photos, nous avons voulu ce clair-obscur et cette esthétique picturale qui n'ont rien à voir avec la réalité cinématographique italienne car actuellement, elle est très télévisuelle. Elle est dépourvue même d'esthétique», dit-il en rigolant.
Le réalisateur, qui dit être issu d'une famille normale mais qui lui a fait aimer le cinéma, se souvient de son enfance en Éthiopie passée à hanter les beaux théâtres où l'on projetait des films. Une expérience belle et traumatique à la fois, mais qui a été le début d'une belle aventure dans le 7e art.
Une très belle aventure en effet puisque Lucas Guadagnino, qui aime se considérer sur le plateau comme un «coordinateur», se dit aussi une sorte de «pape» du film.
«J'aimerai croire que mon travail donne la possibilité aux acteurs tout autant qu'aux spectateurs d'avoir une foi inébranlable dans le film», conclut-il.
I am Love a fait déjà le tour des grandes capitales et reçu la consécration de grands festivals (Prix de la meilleure interprétation féminine à Berlin pour Thilda Swinton). Aujourd'hui projeté dans la capitale libanaise, il semble pour Luca Guadagnino que la boucle est bouclée. Dans les cadres successifs de la ville industrielle, Milan, et de la campagne méditerranéenne de San Remo, le cinéaste brosse une histoire d'amour passionnelle qui va déchirer une grande famille capitaliste bourgeoise et figée. Rien de nouveau, apparemment, côté sujet. Mais là où Guadagnino innove et crée la surprise, en sortant des sentiers battus et en signant un film personnel non copié et formaté sur d'autres...
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