Nicolas Sarkozy, qui a fait de cette réforme le symbole de son engagement à changer la France, a concédé jusqu'ici quelques aménagements, mais n'entend pas revenir sur le cœur du projet, le report de l'âge de départ à la retraite (de 60 à 62 ans pour l'âge minimal, de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein). Ces dispositions-clés ont déjà été adoptées par les parlementaires. Le ministre du Travail Éric Woerth a rappelé que lors des conflits de 2003 et 2007 sur les précédentes réformes des retraites, il y avait eu « neuf journées de grèves reconduites », ce qui n'a pas empêché ces réformes d'entrer en vigueur.
Mais face à cette inflexibilité, les syndicats ne désarment pas. Mardi, pour la quatrième journée d'action depuis début septembre contre cette réforme impopulaire, entre 1,2 et 3,5 millions de personnes (selon les sources) ont manifesté. Et, fait nouveau, les jeunes ont fait leur entrée dans la contestation.
Hier, le nombre de salariés qui reconduisaient la grève de la veille était très limité. Le mouvement affecte surtout le secteur du pétrole : huit des douze raffineries françaises étaient en cours d'arrêt, sans conséquences immédiates, mais les automobilistes pourraient commencer à manquer de carburant la semaine prochaine, si les grèves se poursuivent. Du côté des transports, la grève dans les chemins de fer s'essoufflait, avec 24,6 % de grévistes, contre 40,4 % la veille, selon la direction de la SNCF.

