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Liban - Injustice

Dans le couloir de la mort, Antoinette Chahine raconte

À l'occasion de la huitième journée mondiale contre la peine de mort, qui se tient dimanche, Lefigaro.fr a rencontré Antoinette Chahine, une Libanaise de 39 ans, qui a accepté de raconter son expérience dans le couloir de la mort. Cette mère de famille n'a que 23 ans lorsqu'elle est arrêtée le 21 mars 1994, au Liban. Étudiante à la faculté de Beyrouth, elle est mêlée malgré elle aux activités de son frère Jean, membre des Forces libanaises, une milice chrétienne impliquée dans le meurtre d'un prêtre. Jean ayant quitté le Liban, la police cherche un coupable. Ce sera Antoinette.

Antoinette Chahine, une survivante, un symbole actif, le porte-flambeau de la lutte contre la peine de mort./Photo flickr.com

La jeune femme passe ses deux premières années en prison à attendre un jugement qui ne vient pas. Le 6 janvier 1997, elle est finalement condamnée à mort. Un verdict qu'elle reçoit en s'évanouissant. "Je suis restée muette pendant le mois qui a suivi. Je ne pouvais plus bouger non plus, j'étais comme paralysée, raconte-t-elle émue. Mais le plus dur était de me savoir innocente", rapporte le site Lefigaro.fr.

L'espoir viendra alors d'Amnesty international, qui produit un rapport pour dénoncer un procès "inéquitable". "Ce fut une bénédiction pour moi, se rappelle Antoinette Chahine. À partir de là, j'ai reçu des milliers de lettres de soutien venant du monde entier. J'en recevais tellement qu'un jour le facteur a dû louer un taxi pour me les apporter!" Cette mobilisation internationale finit par payer. Le 24 juin 1999, la jeune femme est finalement innocentée.

Antoinette Chahine se bat depuis dix ans pour que "son histoire ne se répète plus". Car si elle est libre aujourd'hui, elle considère toutefois "avoir perdu cinq ans de sa vie".

 

Voir en bas, à droite, la vidéo du témoignage d'Antoinette Chahine, filmée par Lefigaro.fr., dans l'onglet "Vidéo" sur le site de L'Orient-Le Jour


Petit rappel des faits : 1994, accusée d'avoir collaboré au meurtre du curé Semaan Khoury, sur base des aveux, arrachés sous la torture, des deux inculpés Rachid Daou et Saad Gebrayel, Antoinette Chahine, 23 ans, est condamnée à la peine capitale, commuée en détention à perpétuité, car le Liban n'exécute pas les femmes. Me Badawi Abou Dib se chargera alors de sa défense et lui offrira sa plus belle victoire. Son cas n'est pas une erreur judiciaire, mais une accusation politique devant conduire à son frère Jean, alors membre des Forces libanaises. Cinq ans et vingt jours plus tard, le 24 juin 1999, à la veille de son 28e anniversaire, elle est enfin libre.


La jeune femme passe ses deux premières années en prison à attendre un jugement qui ne vient pas. Le 6 janvier 1997, elle est finalement condamnée à mort. Un verdict qu'elle reçoit en s'évanouissant. "Je suis restée muette pendant le mois qui a suivi. Je ne pouvais plus bouger non plus, j'étais comme paralysée, raconte-t-elle émue. Mais le plus dur était de me savoir innocente", rapporte le site Lefigaro.fr.
L'espoir viendra alors d'Amnesty international, qui produit un rapport pour dénoncer un procès "inéquitable". "Ce fut une bénédiction pour moi, se rappelle Antoinette Chahine. À partir de là, j'ai reçu des milliers de lettres de soutien venant du monde entier. J'en recevais tellement qu'un jour...
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