Le président Hamid Karzaï a officiellement inauguré hier le Haut Conseil de la paix, chargé d’établir des contacts avec les talibans. Photo Reuters
Neuf ans après, ce qui ne devait être qu'une chasse aux commanditaires des attentats du 11 septembre a tourné au bourbier et au casse-tête politico-militaire. Le nombre de soldats des forces internationales a été multiplié par dix, les Afghans ont voté à quatre reprises pour élire leur président et leurs députés, des milliards de dollars d'aide internationale ont afflué dans le pays, mais le constat est clair : depuis trois ans, l'insurrection a gagné du terrain et en intensité et les pertes des forces internationales, comme celles des civils, atteignent un niveau record. Du coup, l'idée qu'une négociation avec les insurgés est la seule solution pour mettre fin au conflit n'a jamais été aussi largement partagée. Le patron des forces américaines et internationales en Afghanistan, le général David Petraeus, a indiqué fin septembre à l'AFP que des talibans avaient commencé à « approcher » le gouvernement et les militaires étrangers pour déposer les armes. « Ce sont les toutes premières étapes. Je ne pense pas qu'on puisse parler de négociations, il s'agit des toutes premières discussions », avait déclaré le général américain.
Le Washington Post a rapporté mercredi que, pour la première fois, des représentants autorisés du commandement suprême des talibans dirigé par le mollah Mohammad Omar menaient en secret des pourparlers avec le gouvernement. Des sources ont indiqué au quotidien américain que les dirigeants talibans savent « qu'ils vont être marginalisés » et qu'ils ont décidé de participer aux pourparlers pour maintenir leur position au sein de la direction des insurgés. Toutefois, dans un communiqué publié pour le 9e anniversaire de l'opération « Justice sans limite », le commandement des talibans a affirmé contrôler 75 % de l'Afghanistan. « Les bastions de la résistance et du jihad contre les envahisseurs américains et leurs alliés n'ont jamais été aussi solides », estime le commandement.


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