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Le Conseil de l'Europe veut rebondir sur la situation des Roms

Le Conseil de l'Europe a dénoncé jeudi une montée du discours sécuritaire contre les Roms dans plusieurs pays dont la France et l'Italie, première étape de sa campagne pour améliorer le sort de cette minorité de 12 millions d'individus.
L'organisation, qui célèbre cette année ses 60 ans, se préoccupe depuis des décennies, mais sans réelles avancées notables de cette minorité, la plus importante du continent européen. A la recherche d'un second souffle, elle a rebondi avec détermination cet été sur la "stigmatisation" de cette communauté, n'hésitant pas à critiquer vertement les expulsions de Roms par plusieurs pays de l'Union européenne.
Fin juillet, la France avait annoncé le démantèlement de la moitié des camps illégaux de Roms et de gens du voyage d'ici octobre, et des reconduites à la frontière "quasi immédiates" pour les Roms qui auraient commis des délits.
Jeudi, son Assemblée parlementaire (APCE) a demandé d'éviter d'associer "criminalité et ethnicité" dans le discours politique.
Le conservateur britannique John Greenway, a martelé: "les expulsions collectives sont interdites, point final!", évoquant des "expulsions collectives déguisées", sans toutefois citer de pays.
"En France, mais pas uniquement, la rhétorique anti-roms est inadmissible", a lancé la Luxembourgeoise Anne Brasseur. Son rapport, débattu en matinée, évoque aussi des discours sécuritaires anti-Roms de responsables politiques de la République tchèque, du Danemark, de Hongrie, d’Italie et de Suède, entre autres.
Pour le parlementaire roumain Adrian Nastase, le sort des Roms "n'est pas le problème du seul pays hôte ou du pays d'origine, c'est un problème pour nous tous en Europe".
La socialiste allemande Marlene Rupprecht, évoquant "ces millions de personnes sans pays" a estimé qu'il appartient aux membres du Conseil "de régler ensemble le problème".
Elle s'est félicitée de l'initiative du secrétaire général, Thorbjoern Jagland, qui a convoqué une réunion ministérielle le 20 octobre à Strasbourg, pour "développer une approche paneuropéenne de la question".
Elle réunira les responsables politiques des 47 Etats membres, parmi lesquels les 27 de l'UE dont certains ont été vivement critiqués cet été par le Commissaire européen des droits de l'Homme Thomas Hammarberg.
La commissaire européenne Viviane Reding a été conviée à cette réunion, "point de départ des efforts conjugués des institutions européennes et des Etats pour s'occuper de la situation des Roms de manière constructive et durable", selon M. Jagland.
L’UE a salué l'initiative. Mais à Strasbourg, des milieux diplomatiques soulignent des "divergences" sur la question des Roms au sein du Comité des ministres qui réunit les chefs de la diplomatie des pays membres du Conseil de l'Europe.
L'institution de Strasbourg cherche aujourd'hui à obtenir une adhésion de l'UE à la Convention européenne des droits de l'Homme.
Il n'est pas certain, estiment les mêmes sources, que l'activisme du Conseil de l'Europe sur la question des Roms accélère un consensus parmi les "pays fondateurs" de l'Union pour une adhésion rapide de Bruxelles à la Convention européenne.
La résolution adoptée jeudi par l'APCE admet que "confrontés à une recrudescence de la criminalité, des pays se voient contraints de durcir les politiques visant à protéger l’ordre public et la sécurité". Mais elle "condamne fermement l’utilisation d’un langage raciste et xénophobe, stigmatisant les Roms ou toute autre minorité ou groupe de migrants".
Le Conseil de l'Europe a dénoncé jeudi une montée du discours sécuritaire contre les Roms dans plusieurs pays dont la France et l'Italie, première étape de sa campagne pour améliorer le sort de cette minorité de 12 millions d'individus.L'organisation, qui célèbre cette année ses 60 ans, se préoccupe depuis des décennies, mais sans réelles avancées notables de cette minorité, la plus importante du continent européen. A la recherche d'un second souffle, elle a rebondi avec détermination cet été sur la "stigmatisation" de cette communauté, n'hésitant pas à critiquer vertement les expulsions de Roms par plusieurs pays de l'Union européenne.Fin juillet, la France avait...