M. Abbas doit prononcer vendredi un discours dans lequel il a promis d'annoncer des "décisions historiques" lors d'une rencontre avec le comité arabe de suivi du processus de paix à Syrte (Libye), où se tient un sommet arabe extraordinaire.
Cette décision était initialement attendue à l'expiration du moratoire israélien sur les nouvelles constructions dans les colonies le 26 septembre, puis a été repoussée à cette réunion arabe.
Les Etats-Unis, qui comme l'ensemble de la communauté internationale, ont appelé à la poursuite du moratoire israélien, ont fait pression mercredi pour que "la Ligue arabe continue de soutenir les négociations directes", jugeant que "retirer le soutien aux pourparlers serait prématuré à ce stade".
Le comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Fatah, mouvement de M. Abbas, ont approuvé le 2 octobre une suspension des pourparlers de paix si Israël continue à refuser de renouveler son moratoire.
Deux tiers des Palestiniens approuvent le retrait des négociations, selon un sondage publié le 4 octobre, réalisé juste après la fin du moratoire et avant le vote des instances dirigeantes palestiniennes.
Un haut responsable de l'OLP, Salih Rafat, a indiqué à l'AFP que la position officielle de la direction palestinienne n'avait pas changé et que celle-ci espérait "préparer un plan pour que les Arabes et les acteurs internationaux portent les activités de colonisation israéliennes devant les Nations unies ou le Conseil de sécurité".
"Même si les Etats-Unis exercent leur droit de veto, rien ne peut nous empêcher d'exiger cela", a-t-il souligné.
Selon les médias israéliens et un expert américain proche des cercles du pouvoir à Washington, l'administration américaine aurait proposé à Israël un important appui diplomatique et militaire qui serait consigné dans une lettre du président Barack Obama en échange d'un nouveau moratoire de 60 jours. La Maison Blanche a démenti l'envoi d'une telle lettre.
M. Netanyahu, qui n'a pas encore répondu positivement à cette offre considérée comme particulièrement favorable à Israël, exige en outre que M. Obama entérine les engagements écrits pris en 2004 par son prédécesseur George W. Bush, affirme jeudi le quotidien israélien Yediot Aharonot.
Pour convaincre ses ministres, notamment les plus ultranationalistes, d'accepter un nouveau moratoire, M. Netanyahu estime avoir besoin d'une confirmation de cet appui du président Bush à l'annexion (par Israël) des grands blocs de colonies dans le cadre d'un accord final, que l'administration Obama refuse de reprendre à son compte, selon le journal.
Le journal Israël Hayom, proche du chef du gouvernement, rapportait la semaine dernière que celui-ci envisageait à la place du moratoire une "limitation de la construction" qui la maintiendrait "au rythme des dix derniers mois passés, soit 1.200 logements" sans annonce officielle de gel.
Selon une enquête publiée mercredi par le quotidien israélien Haaretz, 350 nouveaux logements ont été mis en chantier depuis le 26 septembre.
Par ailleurs, les manoeuvres diplomatiques, américaines et européennes, se poursuivaient à la veille de la réunion de Syrte.
Les chefs de la diplomatie française et espagnole, Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos, doivent se rendre "dimanche et lundi en Israël, dans les Territoires palestiniens et en Jordanie".
En outre, le président français Nicolas Sarkozy espère réunir le 21 octobre à Paris MM. Netanyahu et Abbas ainsi que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton en marge d'une réunion de l'Union pour la Méditerranée (UPM).


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