Dilma Rousseff est en bonne position après avoir gagné largement le premier tour. Evaristo Sa/AFP
« Le second tour est devenu une réalité, et dès aujourd'hui, on va faire beaucoup de choses. Dilma ne supporte pas la confrontation », s'est réjoui Sergio Guerra, le président national du PSDB cité par le quotidien O Globo. Au sein du Parti des travailleurs (PT-gauche) de Lula, le second tour a fait l'effet d'une douche froide et le ton était plus prudent. « C'est le moment de se montrer humble. Dilma a commencé avec 5 % des intentions de vote et a grimpé. Il y a eu un moment où elle a beaucoup progressé et on a cru à une victoire au premier tour. Mais ça ne s'est pas produit. Il est encore trop tôt pour dire ce qui s'est passé », a estimé un des coordinateurs de la campagne, le député Candido Vaccarezza du PT.
L'une des principales préoccupations de la direction du PT est de remonter le moral des troupes, et la priorité de Lula sera désormais de se consacrer à la campagne, selon les analystes. Au premier tour, Lula a soutenu plusieurs des candidats aux postes de gouverneur, sénateur ou député de sa coalition. La stratégie immédiate est de conquérir les voix de Marina, membre du PT pendant trente ans, en faisant appel à son « cœur pétiste » et à son attachement à Lula. Pour gagner au second tour, Dilma et Serra vont devoir séduire les quelque 19 millions de Brésiliens qui ont voté pour la candidate écologiste. Selon le quotidien Estado de São Paulo, la direction du PSDB envisagerait de changer de ticket présidentiel et d'offrir la place de vice de Serra à un écologiste. « Les 20 % de voix de Marina valent de l'or. Au cours des trois prochaines semaines de campagne, c'est elle qui aura les cartes en main », a déclaré à l'AFP l'analyste Pereira Cesar du consultant CAC.
Le Parti vert est divisé et compte des sympathisants dans les deux camps, mais selon des sondages, « 50 % des voix de Marina iraient à Serra tandis que 30 % se reporteraient sur Dilma », affirme Globo.
Avec 47 millions de voix, Dilma Rousseff est arrivée en tête dans 18 des 27 États fédérés dont Rio de Janeiro et le Minas Gerais (Sud-Est). Elle a fait ses meilleurs scores dans dix États des régions Nord et Nord-Est, les plus pauvres du pays. Serra, avec 33 millions de votes - quatorze millions de moins que Dilma -, l'a emporté dans huit États dont São Paulo, la mégapole brésilienne, un résultat bien meilleur qu'annoncé par les sondages. Quant à Marina Silva, elle l'a emporté dans le District fédéral, dont la capitale est Brasilia, avec dix points d'avance sur Dilma.

