Cependant, des professionnels se dévouent pour un plaidoyer en forme de premières explications. À les en croire, en lançant sa petite phrase lors de son passage à New York, où il a prononcé le mot du Liban devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président Sleiman a voulu consolider toute disposition que le tribunal international prendrait. Et confirmer sa validité, du moment qu'il a été reconnu à la table de dialogue national, comme dans les déclarations ministérielles du gouvernement libanais. Avec engagement à fournir au tribunal tout ce qu'il pourrait demander, en vue d'établir la vérité et de rendre la justice sur l'assassinat du président Rafic Hariri et de ses compagnons de destin, comme sur les attentats qui ont suivi jusqu'en 2008. Toujours selon les mêmes sources, le président Sleiman estimerait déplacée une demande d'abolition du tribunal ne faisant pas l'unanimité des Libanais. Il en va de même pour la bataille en commissions parlementaires autour du financement de l'instance à 49 %. Car le Liban est tenu d'honorer ses engagements, sous peine de se mettre au ban de la communauté internationale.
Les mêmes pôles jugent que l'agitation présente n'est que joutes gratuites, tout à fait en l'air. Une partie libanaise accuse le TSL d'être politisé, à partir de l'affaire des quatre généraux. De fait, ils ont été détenus durant quatre ans sans qu'aucune inculpation ne leur soit signifiée. Le juge de mise en état, Daniel Fransen, l'a reconnu dans sa réponse sur la requête d'obtention de documents présentée par le général Jamil Sayyed. Il reste deux choses : d'abord le procureur Bellemare, s'il n'a pas engagé de poursuites à ce jour, n'a pas non plus délivré de non-lieu. Ensuite, si les généraux ont été appréhendés, c'est bien à la demande d'une commission d'enquête internationale (qui, à l'époque, n'était pas encore un parquet) mais par l'État libanais. Où trouve-t-on, dans ces faits, que le TSL soit politisé ?
Clarifications...
Cependant, nuancent ces sources, comme il reste clair que l'appareil judiciaire international a été partie prenante dans l'arrestation des officiers, et qu'en plus c'est sur sa recommandation qu'ils ont été libérés, le TSL se doit de s'expliquer. De bien clarifier les donnes, pour contribuer à mettre un terme aux dangereux tiraillements interlibanais que son mutisme ne fait qu'attiser. Les sources citées rebondissent sur ce point précis pour soutenir que c'est dans cet esprit que le président Sleiman s'est exprimé. En d'autres termes, c'est en répondant aux questions que l'on se pose sur son action que le TSL rétablirait sa crédibilité. Mise en doute par le 8 Mars au sujet de deux dossiers, les généraux et les faux témoins.
Et de conclure que, tout à fait contrairement à ce que l'on pourrait penser de prime abord, c'est en faveur du TSL que le président Sleiman lui a adressé son admonestation. Car le flou ne sert pas la justice. Une position transmise au président Saad Hariri, avec réaffirmation de l'attachement au TSL, pour que les propos du président Sleiman ne soient pas mal compris.
Cela étant, la bataille se poursuit entre le 8 Mars, dans le rôle d'attaquant, et le 14 Mars qui joue la défense. La barre, comme dans le saut à la perche, ne cesse d'être placée plus haut, cran par cran. Il a d'abord été question d'un TSL manipulé par les Américains et par les Israéliens, pour rogner les ailes du Hezbollah et finir par le désarmer. Puis le TSL est devenu carrément israélien, son objectif présumé étant de faire plier l'Iran. Enfin et surtout, tout Libanais défendant son existence est qualifié d'agent d'Israël, voire d'Israélien déguisé, infiltré. On attend la suite.

