Le stade de la métropole lilloise sera situé sur deux communes de l'agglomération, Lezennes et Villeneuve d'Ascq, dans le quartier dit de la Borne de l'espoir.
Les travaux ont débuté il y a plusieurs mois, et l'immense chantier où une dizaine de grues s'activent est visible le long de l'autoroute qui relie Lille à Villeneuve d'Ascq.
L'aboutissement de ce projet est le dernier épisode d'un feuilleton entamé avec la volonté des pouvoirs publics de rénover le stage Grimonprez-Jorris dans le centre de Lille, à l'intérieur d'un parc bordé par une citadelle Vauban.
Les associations d'opposants à une rénovation de la vétuste enceinte avaient eu gain de cause devant la cour administrative d'appel, obligeant la ville à se tourner vers une autre solution.
Le site a été cette fois choisi hors de la ville, non sans une nouvelle fois déclencher des oppositions, l'association « Les 2sous du grand stade » ayant attaqué en justice pour demander l'abandon du projet.
Même s'ils restent dans l'attente du jugement de recours et viennent de vivre de longs épisodes judiciaires, les partisans du nouvel équipement retrouvent aujourd'hui le sourire.
L'écrin est conçu comme une enceinte multifonctionnelle. En configuration stade de football ou de rugby, il pourra recevoir jusqu'à 50 283 spectateurs, permettant à Lille de postuler à l'organisation de rencontres de haut niveau.
« Boîte à spectacles »
Le stade s'élèvera à une hauteur de 31 mètres, il aura comme originalité de pouvoir être entièrement couvert par un toit qui se fermera en moins d'une demi-heure.
Autre caractéristique, ce stade pourra se transformer en salle de spectacle ou salle de sports indoor.
La pelouse sera divisée en deux et pourra se soulever pour venir glisser sur l'autre moitié, libérant un espace aménagé en salle de boxe, de tennis, de handball ou de basket de 6 000 à 30 000 places en fonction de la configuration choisie.
La ville de Lille comblera ainsi un manque criant d'infrastructures sportives. Le futur équipement deviendra une « boîte à spectacles » pour accueillir des manifestations sportives ou culturelles.
La construction est réalisée dans le cadre d'un partenariat public-privé. La Communauté urbaine de Lille a choisi le groupe Eiffage pour réaliser son projet.
Le coût global est estimé à environ 324 millions d'euros, 282 millions pour le stade proprement dit, et 42 pour les équipements annexes, hôtels, commerces, services alentour.
La communauté urbaine de Lille s'est engagée à verser à Eiffage un loyer annuel sur 31 ans de 10,5 millions d'euros. La région finance l'ouvrage à hauteur de 45 millions d'euros.
Le Losc locataire privilégié
Le naming qui sera mis en place pourrait permettre d'alléger un peu la facture globale, comme pour l'Emirates Stadium à Londres ou l'Allianz Arena de Munich (visité à plusieurs reprises avant le choix définitif par les élus lillois). Le futur stade portera le nom d'un sponsor non encore choisi.
Le principal locataire de l'enceinte sera bien sûr le Losc, le club de football phare de la métropole lilloise.
Chassé de Grimonprez-Jorris qui devait être rénové pour finalement camper au Stadium nord de Villeneuve d'Ascq, les Lillois évoluent dans un petit stade peu fonctionnel et pas homologué pour la Ligue des champions, ce qui a empêché le club d'y jouer à deux reprises ses rencontres européennes à domicile. Lille s'est installée parmi les équipes de haut tableau de Ligue 1 et a fini à quatre reprises dans les cinq premiers du championnat au cours des six dernières années.
Le club vise une augmentation sensible de son budget par le biais d'un sponsoring plus important et de ventes de billets plus conséquentes.
Cette montée en puissance s'est accompagnée ces dernières années de la construction d'un centre de formation et d'entraînement de haut niveau à Luchin, à une vingtaine de kilomètres de Lille. Le stade est la dernière pierre de l'édifice d'un club qui ambitionne de posséder en 2012 un grand stade européen et l'équipe qui va avec.

