À 27 ans, Kim Jong-un reste très méconnu du public : sa seule photo connue date de plus de 10 ans. Photo Reuters
Dans un régime où le culte de la personnalité a été porté à son paroxysme, la propagande n'a pas tardé à préparer l'avènement du jeune homme qui serait déjà désigné sous le titre de « jeune capitaine » ou « jeune général ». Kenji Fujimoto, chef cuisinier japonais longtemps au service de Kim Jong-il à Pyongyang, le décrit comme « fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité ». Autant d'éléments qui lui auraient valu d'être préféré à ses deux frères, l'aîné Kim Jong-nam et le cadet Kim Jong-chul.
Kim Jong-un n'était pas cité initialement par les analystes comme le mieux placé dans l'ordre de succession, son frère aîné âgé de 37 ans, faisant figure de favori. Mais celui-ci aurait perdu les faveurs de son père depuis son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer muni d'un faux passeport en 2001, même s'il a ensuite été nommé à un poste-clé au sein du parti des Travailleurs. Début janvier 2009, les médias sud-coréens avaient déjà annoncé que le dirigeant nord-coréen avait marqué sa préférence pour le plus jeune de ses trois fils. Ce dernier aurait alors été nommé à un poste de responsabilité au sein du parti. « Jong-un est connu comme ayant le potentiel pour devenir un leader fort, intransigeant. Il a la personnalité pour assumer des responsabilités », a estimé Cheong Seong-Chang, spécialiste de la Corée du Nord au centre de réflexion Sejong de Séoul.
La récente visite en Chine de Kim Jong-il visait, selon les analystes et les médias sud-coréens, à obtenir le soutien de Pékin sur la désignation probable de Kim Jong-un. Le leader nord-coréen aurait obtenu une aide alimentaire et des garanties sur la survie du régime pendant une éventuelle phase de succession.
Depuis l'été 2009, Kim Jong-il transmet à son fils les rapports officiels. « Résultat, depuis l'été 2010, Kim Jong-un a une influence sur les affaires d'État comparable à celle de son père, à l'exception de la politique étrangère », a récemment écrit Cheong Seong-Chang. Selon le chef des services secrets sud-coréens, Won Sei-hoon, sa mauvaise santé a poussé le dirigeant nord-coréen à accélérer le processus de transfert du pouvoir, conduisant son fils à prendre une part de plus en plus importante dans les affaires d'État.

