Modèle de la collection Vivienne Westwood, printemps-été 2010-2011.
Soixante-six shows se sont succédé pendant six jours dans le centre de Londres, dont les collections de Paul Smith ou Vivienne Westwood, aux côtés de nombreux couturiers prometteurs.
Si la Semaine de la mode londonienne ne se hisse pas à la hauteur de ses concurrentes de Milan, Paris ou New York, elle représente une contribution annuelle de 100 millions de livres (119 millions d'euros) à l'économie, selon les chiffres du BFC (British Fashion Council).
Plus largement, une étude a révélé que l'industrie de la mode contribuait au Royaume-Uni à hauteur de 21 milliards de livres à l'économie nationale, notamment à travers 816 000 emplois directs, auxquels s'ajoutent 16 milliards supplémentaires produits indirectement à travers l'informatique et le tourisme.
Au total, cette industrie représente 44 milliards d'euros, ce qui la place au quinzième rang des industries britanniques, équivalente en taille à l'agroalimentaire ou aux télécommunications.
Le président du BFC, Harold Tillman, qualifie la mode de « véritable success story britannique », mais ajoute qu'un « plan d'action national » est nécessaire pour soutenir son développement.
Inaugurée par le défilé du créateur Paul Costelloe, dont la collection masculine est, selon ses dires, inspirée par la couturière française Madeleine Vionnet et par les styles des années 1920 et 1930 « réinterprétés de façon rock and roll », la Fashion Week londonienne a aussi été, à son premier jour, l'occasion d'un « défilé durable » inédit réunissant des créations écologiques, comme celles de Stella McCartney, People Tree ou Vivienne Westwood.
Le dernier soir a été marqué par l'apparition de mannequins entièrement nus et la présentation plus conventionnelle de la collection Burberry.
Le chapelier Charlie Le Mindu, ajouté au programme officiel aux côtés de deux autres stylistes, a prouvé que la Fashion Week de Londres restait la plus extravagante, comparée à celles de Milan, New York et Paris, en envoyant sur le podium des modèles entièrement nues, ne portant que couvre-chefs et chaussures.
Les observateurs ont cependant souligné que Londres avait gagné en maturité, en voulant pour preuve le haut niveau des défilés de Burberry, Paul Smith et Vivienne Westwood.
« Je pense que Londres est très sophistiqué. C'est beaucoup plus pertinent », a jugé la rédactrice en chef de Vogue Grande-Bretagne, Alexandra Shulman.
La collection Burberry Prorsum, mardi soir, a ainsi été marquée par un classicisme recréé, avec des cuirs beiges et noirs, des imprimés en peaux de serpent et des tissus aux couleurs douces, rehaussés d'accessoires étincelants.
Sous les yeux de la joueuse de tennis Serena Williams, les mannequins étaient hissés sur d'impressionnantes chaussures à semelles compensées, au grand dam d'un top-modèle, victime d'une très embarassante chute.
À Milan, Power Woman contre femme bohème et romantique
De la femme forte aimant le luxe vue chez Gucci à la « posthippie chic » de John Richmond, en passant par la romantique bohème d'Alberta Ferretti, les collections de prêt-à-porter pour le printemps-été 2011 présentées mercredi à Milan marquent le retour à la créativité.
Gucci a d'emblée donné le ton en ouvrant la Semaine de la mode avec une collection opulente et d'un grand impact, faisant revivre, le temps du défilé, les années fastes de la mode. Matériaux précieux, accessoires voyants, grande recherche du détail...
Le luxe est exalté à l'extrême à travers les éléments-clés de la griffe pour habiller une femme d'acier, peu encline aux compromis.
Le cuir joue les vedettes dans des compositions tressées, simples, ou incrustées d'anneaux dorés, de tubes en métal et autres perles en plexiglas.
Pour satisfaire une femme exigeante, la styliste maison Frida Giannini joue sur tous les registres.
Les ensembles aux couleurs vives (orange, violet, vert électrique, turquoise) rappelant les années 1980, serrés à la taille par de grandes ceintures dorées, côtoient des vêtements aux tons plus neutres (chair, poudre, beige) ou noirs.
Les pantalons sarouels à taille haute s'arrêtent parfois aux genoux et se portent avec des bottes à talons aiguille.
Autre thème dominant, les franges, déclinées à l'infini : coupées en fines bandes horizontales dans des robes d'inspiration africaine, frangées avec effet paille en bordure d'une robe macramé, effilochées en lanière de cuir sur une veste ou tombant en cordon au bout d'une ceinture dorée.
Les franges ont inspiré aussi John Richmond, qui les propose dans des robes ethniques, sur une manche ou sur une veste, ou encore en longues lanières posées sur une robe de soirée.
Le créateur britannique réinterprète le style hippie avec des ensembles veste-pantalons à pattes d'éléphant en coton blanc, saupoudrés ici et là d'une traînée de paillettes argentées.
Un esprit de légèreté, un brin coquin, flotte sur la collection dans une atmosphère boudoir avec d'impalpables tops et chemises-foulard, des chemisiers transparents, de longues robes à traîne en crochet dévoilant sans complexe quelques nudités... sans oublier le perfecto en version lingerie rose poudre tout en broderie !
On retrouve le côté bohème chez Alberta Ferretti, qui a décidé d'abandonner « les ladies sophistiquées un peu snob pour habiller les vraies femmes ».
Avec leurs chapeaux de paille colorés à larges bords, leurs longues robes vaporeuses en mousseline ou crêpe aux teintes pastel, un simple cardigan tricoté main enfilé par-dessus, ces femmes à l'allure champêtre en spartiates plates semblent tout droit sorties des clichés seventies de David Hamilton.
Impression renforcée par les bermudas en lin grège, les petits hauts en macramé, les chemisiers aux manches bouffantes, les robes blanches brodées à l'ancienne, style chemises de nuit de grands-mères.
« J'ai voulu une femme très naturelle, qui puisse retrouver sa propre personnalité en faisant jouer sa fantaisie », résume la styliste.
Les maxijupes évasées aux imprimées à fleurs très romantiques, les jupettes plissées en soie légère, les robes enrichies de rosaces brodées et de volants donnent à la nouvelle femme Ferretti une allure diaphane à la Delphine Seyrig.
Hier jeudi, c'était notamment au tour de Frankie Morello, Fendi, D&G et Prada de présenter leurs collections.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef