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Liban - Le Commentaire

Deux ententes à réaliser, sur l’État et sur les armes

Un ancien dirigeant soutient que la vraie question n'est pas « Quel Liban voulons-nous ? », mais quel État. Les pôles devraient en discuter, que cela soit en Conseil des ministres, à la table de dialogue ou dans le cadre d'un congrès national. Et débattre en même temps des armes hors légalité, avant qu'elles ne causent une guerre civile comme, par le passé, les armes palestiniennes et miliciennes. Des centaines de milliers de victimes, de blessés, de handicapés à vie, des destructions à n'en plus finir, un État effondré puis l'oppression de la tutelle. Une épreuve de tant d'années dont le peuple libanais ne cesse de payer le prix.
Les leaders du cru se déclarent tous pour un État fort, capable d'exercer son autorité et sa souveraineté sur l'intégralité du territoire national, seul maître des armes, sans aucune autre loi que la sienne. Mais en pratique, aucun effort n'est déployé, rien n'est jamais fait dans ce sens. Lors de l'inauguration du Centre culturel Imam Sadek dans la banlieue sud, il y a deux ans, le président Nabih Berry affirmait qu'il est grand temps « de prendre des initiatives pour passer de la phase de l'autorité à celle de l'État, conformément à l'accord de Taëf et la Constitution, sans sélectivité. »
Lui succédant à l'a tribune, cheikh Naïm Kassem, numéro deux du Hezbollah, assurait pour sa part que « dans l'islam, il n'y a pas d'incitation au fanatisme, aux discordes sectaires ni à l'édification de barricades psychologiques entre les musulmans. Nous devons rejeter la fibre sectaire ou la cantonner dans le conflit politique. Le Liban est une patrie pour tous ses enfants. Nous souhaitons, quant à nous, qu'aucune partie de notre collectivité commune ne cherche à s'imposer au détriment des autres. Il faut donc que nous respections mutuellement nos options respectives en organisant le traitement de nos différends politiques sous la couverture du pacte de Taëf ». Il a conclu en soulignant que la rencontre qui avait eu lieu à l'époque entre le député Saad Hariri et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, « est une gifle forte pour tous les fauteurs de zizanie et de troubles. Que l'on sache bien, en effet, que cette rencontre n'est pas une réconciliation pour la forme, mais bien l'entame d'un processus pour cadrer le conflit politique, en étouffant dans l'œuf toute velléité de discorde. »
De son côté, le président Hussein Husseini rappelait, dans un entretien il y a deux mois, que le pacte de Taëf est la Constitution du Liban, pour relever que « la conférence de Doha a réuni un groupe de milices. La formule qui en est sortie est donc destinée à laisser la situation libanaise mariner dans son état de crise ». Pour lui, il est clair que « toute société qui accuse un déficit en termes d'institutions d'État reste continuellement exposée à des secousses internes. Il n'est donc de solution pour le Liban que dans l'édification de l'État ».
Des tentatives, il y en a sans doute eu. Ainsi, le regretté président Élias Hraoui estimait, dans ses Mémoires, être parvenu « à rendre la république des mini-États à l'État. » D'une certaine façon, et pour un certain moment sans doute, car sur le plan de la forme, les institutions s'étaient remises à fonctionner, mais à la seule guise du tuteur, et l'État libanais en tant que tel était si absent que lorsqu'il a voulu envoyer son armée au Sud, il en a été empêché. Sans parler de la Chambre à la botte, issue des législatives de 1992 boycottées par 87,3 % des électeurs, malgré la participation massive ordonnée par l'occupant et le pouvoir à sa solde, et que seule la frange populaire dépendant d'Amal et du Hezbollah avait assurée.
On en revient aux armes hors légalité. Elles ont provoqué le malheur du Liban et ont failli le faire disparaître de la carte. De plus, elles lui interdisent l'accès à la démocratie, oxygène indispensable pour tout pays, surtout s'il est composite. Voici que leur présence, tournée vers l'intérieur, suscite une forte menace de nouvelle guerre civile et d'éclatement du pays. Il est donc absolument impératif qu'elles ne soient admises que dans les régions de confrontation avec Israël. En seconde ligne, plus précisément, conformément à la 1701. Comme force de soutien à l'armée libanaise. Dans cet esprit, d'ailleurs, le potentiel du Hezbollah devrait être placé sous la supervision de Yarzé pour que l'on sache quand, comment et où il peut être utilisé. Sûrement pas, en tout cas, à Bourj Abi Haïdar ou à l'AIB.
Dans une conférence donnée au ministère de la Défense, en 1981, alors que l'armement palestinien posait problème, Ghassan Tuéni suggérait que les habitants dans les régions frontalières se transforment en soldats. Mis à l'entraînement, ils auraient à leur tête des officiers qui seraient responsables de cette armée populaire. Ainsi, chaque Libanais deviendrait un soldat, tout à fait comme l'est chaque Suisse ou chaque Israélien. Cela serait le meilleur moyen de contrôler les armes, l'armement lourd étant réservé à l'armée régulière, ainsi que les plans et les cartes.

Un ancien dirigeant soutient que la vraie question n'est pas « Quel Liban voulons-nous ? », mais quel État. Les pôles devraient en discuter, que cela soit en Conseil des ministres, à la table de dialogue ou dans le cadre d'un congrès national. Et débattre en même temps des armes hors légalité, avant qu'elles ne causent une guerre civile comme, par le passé, les armes palestiniennes et miliciennes. Des centaines de milliers de victimes, de blessés, de handicapés à vie, des destructions à n'en plus finir, un État effondré puis l'oppression de la tutelle. Une épreuve de tant d'années dont le peuple libanais ne cesse de payer le prix.Les leaders du cru se déclarent tous pour un État fort,...
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