Dans une déclaration à la presse, M. Pharaon a noté que la séance du Conseil des ministres, mardi, était « importante du fait de la franche discussion qui s'y est déroulée concernant la crise politique dans le pays et dans la région ».
Selon lui, il a été question de « la portée des prises de position reflétant la tension, la crispation, l'extrémisme, le sentiment d'anarchie et la transgression de la règle institutionnelle, à l'instar de ce qui s'est passé à l'aéroport ».
Appelant à préserver la paix civile et à stopper les polémiques, M. Pharaon a souligné toutefois que « la pacification ne suffira pas ». « Il faut revenir à la logique de l'État, du dialogue et de l'action fondée sur la déclaration ministérielle », a-t-il dit.
« Même s'il y a des points de vue divergents, il nous faut respecter la déclaration ministérielle et les constantes qu'elle pose sur tous les plans afin de préserver la stabilité générale », a-t-il ajouté.
Et de poursuivre : « À l'ombre du gouvernement d'union nationale, ou du moins du gouvernement de l'entente politique minimale, la déclaration ministérielle comporte des constantes sur lesquelles un accord avait été conclu dans des circonstances connues et qui n'ont pas changé depuis. Cela avait eu lieu après la décision du Tribunal spécial pour le Liban de relâcher les quatre officiers, après l'article du Der Spiegel (mettant en cause le Hezbollah dans les attentats), après les menaces israéliennes (contre le Liban) et l'éclatement du dossier du nucléaire (iranien). Toutes ces questions existaient déjà à l'époque, sans parler du désaccord sur la stratégie défensive, de la coopération interarabe et des périls du conflit sectaire dans la région. »
Pour M. Pharaon, « ou bien nous décidons de nous engager, même si c'est dans un climat difficile, sur la voie de la consolidation de la stabilité du pays, ou bien nous cherchons des raisons - elles sont nombreuses - pour nous retourner contre les constantes et permettons de ce fait à des agendas extérieurs de faire intrusion dans nos affaires sous n'importe quel prétexte ».
Le ministre d'État a précisé que parmi les constantes dont parle la déclaration ministérielle, « il y a bien entendu le TSL qui est devenu partie intégrante du droit international ». « Mais il reste possible de discuter de la compétence de la justice libanaise sur le dossier des faux témoins, à condition que cela se passe loin des accusations et des menaces directes ou implicites », a-t-il dit.
De son côté, le ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, a affirmé que le Conseil des ministres a tenu mardi « une séance de pacification » et assuré que « nul n'a d'intentions destructrices ».
Cette position est partagée par le ministre de l'Industrie Abraham Dadayan, qui a qualifié la séance de « positive ».
Quant à Sélim Sayegh, ministre des Affaires sociales, il a mis l'accent sur l'affaire de l'aéroport, soulignant que « les arguments présentés par les ministres du 8 Mars sur cette question étaient faibles ».

