L’Iran a présenté hier, pour la première fois en public, des exemplaires de son drone « bombardier » Karrar, un avion sans pilote dont l’existence a été révélée en août. Atta Kenare/
Selon Vahid Jalalzadeh, gouverneur de la province d'Azerbaïdjan occidental où se trouve Mahabad, l'attentat a eu lieu à « une cinquantaine de mètres de la tribune officielle (...) ». La télévision iranienne a montré des images prises au moment de l'attentat, où l'on entend un bruit sourd avant que de la fumée ne s'élève vers le ciel. De source officielle, toutes les victimes sont des femmes, à l'exception d'un garçon de six ans. Aucun militaire n'a été tué, mais les épouses de deux officiers sont décédées. 80 personnes ont été blessées, ont précisé des sources médicales, craignant que le bilan s'alourdisse.
Les autorités ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l'attentat, qui n'a pas encore été revendiqué, mais a été imputé à des « éléments contre-révolutionnaires » par le gouverneur de la province. Mahabad, ville à population majoritairement kurde, est située dans une région, à la frontière de l'Irak et de la Turquie, qui est régulièrement le théâtre d'affrontements armés et d'attentats imputés par les autorités à des rebelles kurdes.
La force militaire iranienne est « défensive »
À Téhéran, le défilé militaire a été l'occasion de nouvelles déclarations à caractère politique. Avant la démonstration de force, organisée chaque année le 22 septembre à Téhéran, le chef d'état-major, Hassan Firouzabadi, a déclaré que « la capacité militaire croissante de l'Iran vise uniquement à dissuader des agresseurs éventuels et défendre notre pays contre les menaces de l'ennemi ». « Nous pouvons affirmer avec confiance au peuple iranien que notre puissance militaire est la plus importante de la région », a ajouté le général Firouzabadi. À l'appui de cette affirmation, l'Iran a fait défiler plusieurs dizaines de missiles représentant les principales composantes de son abondante panoplie, dont ses missiles à moyenne portée Sejil, Shahab 3 et Ghadr 1 capables en théorie de frapper Israël. Il a présenté pour la première fois cinq exemplaires de son drone « bombardier » Karrar, un avion sans pilote dont l'existence a été révélée en août.
Le développement de la capacité missilière de l'Iran inquiète particulièrement les États-Unis, qui ont invoqué la menace iranienne pour justifier une révision de leur politique de défense antimissile. Le développement de la puissance militaire iranienne inquiète aussi les pays arabes du Golfe.
Dans ce contexte, Moscou a confirmé avoir renoncé à livrer à Téhéran un système antimissile moderne. Le président russe, Dmitri Medvedev, a publié hier un décret interdisant la livraison de missiles sol-air S-300 à l'Iran, en application des sanctions prises en juin par le Conseil de sécurité de l'ONU, a ainsi annoncé le Kremlin. Outre les S-300, la livraison de chars, d'avions et d'hélicoptères de combat, ainsi que de bâtiments de guerre est également interdite, selon le communiqué du Kremlin. Le décret interdit en outre l'entrée sur le territoire russe d'une série de responsables iraniens liés au programme nucléaire de la République islamique. L'Europe, les États-Unis et Israël s'étaient élevés contre ce contrat, car le système perfectionné de missiles, équivalent du système Patriot américain, permettrait à Téhéran de défendre efficacement ses installations nucléaires en cas de frappes aériennes. Le ministre iranien de la Défense, Ahmad Vahidi, a néanmoins affirmé que l'Iran travaillait à mettre au point un système équivalent.
Dans un registre plus pacifique, l'Iran a fait défiler pour la première fois une unité de 180 « Casques bleus » avec des transports de troupes blindés, blancs, frappés du sigle de l'ONU. L'Iran s'est « préparé depuis plusieurs années à fournir un contingent de soldats de la paix à l'ONU » et des Casques bleus iraniens ont été « engagés en plusieurs endroits, notamment en Érythrée et Somalie », a déclaré le général Ataollah Salehi, commandant en chef de l'armée.


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