"Dmitri Medvedev a signé un décret sur les mesures prises pour appliquer la résolution 1929 du Conseil de sécurité des Nations Unies du 9 juin 2010", qui interdit la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds à l'Iran, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.
Parmi ces mesures figurent notamment l'interdiction de livrer à l'Iran des missiles sol-air S-300, un contrat critiqué par les Occidentaux et Israël.
La Russie l'avait "gelé" en juin, peu après l'adoption de la résolution de l'ONU en raison du programme nucléaire controversé de la République islamique.
Outre les S-300, la livraison à l'Iran de chars, d'avions et d'hélicoptères de combat, ainsi que de bâtiments de guerre est également proscrite par le décret du Kremlin.
Celui-ci interdit de plus l'entrée sur le territoire russe d'une série de responsables iraniens liés au programme nucléaire de Téhéran.
Cette décision confirme les déclarations faites plus tôt dans la journée par le chef de l'état-major des forces armées russes, Nikolaï Makarov.
"La décision a été prise de ne pas livrer de S-300 à l'Iran, qui tombent indéniablement sous le coup des sanctions" des Nations Unies, a-t-il dit.
En juin, au cours d'une visite à Paris, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait fait savoir que Moscou avait pris la décision de "geler" la livraison de S-300 à Téhéran.
La France s'était alors félicitée de cette position, et les Etats-Unis avaient salué la "modération" de Moscou dans cette affaire.
L'Europe, les Etats-Unis et Israël s'étaient élevés contre ce contrat, car le système perfectionné de missiles, équivalent du système Patriot américain, permettrait à Téhéran de défendre efficacement ses installations nucléaires en cas de frappes aériennes.
Des responsables russes avaient alors multiplié les déclarations mettant en question la livraison prévue de longue date de ces missiles à la République islamique, certains affirmant qu'ils tombaient sous le coup des sanctions, tandis que d'autres prétendaient le contraire.
M. Medvedev avait alors ordonné aux autorités d'établir une liste de toutes les armes concernées par les sanctions de l'ONU.
La Russie et l'Iran ont convenu en 2007 de la livraison de S-300, mais Moscou n'a jamais fourni ces armes, arguant de problèmes techniques.
Les grandes puissances soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de la bombe atomique sous couvert d'un programme civil, ce que Téhéran a toujours nié.
Membre permanent du Conseil de sécurité, la Russie a voté en faveur des sanctions iraniennes en dépit de ses liens avec Téhéran dans le domaine économique et énergétique.
Les Russes ont notamment construit la première centrale nucléaire de l'Iran lancée fin août à Bouchehr, dans le sud du pays.


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