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Liban

Sleiman insiste sur les responsabilités de tous et Hariri sur ses constantes

Michel Sleiman et Saad Hariri se sont réunis hier pendant une heure et quart...  Photo Dalati Nohra.

Deux choses sont au moins acquises dans cette crise qui n'en finit plus d'aller crescendo. Un : le chef de l'État mettra toutes les parties face à leurs responsabilités historiques aujourd'hui au cours du Conseil des ministres qui se tiendra au palais de Baabda. Deux : le Premier ministre ne changera pas ses constantes d'un iota.
Cette piqûre de rappel, Michel Sleiman la juge d'autant plus urgente qu'il quitte Beyrouth dès demain mercredi pour New York où il participera aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU avant de se rendre en visite officielle au Mexique pour plusieurs jours.
Demain à Baabda, le n° 1 de l'État exhortera donc l'ensemble de l'échiquier politique à confiner leurs conflits et toutes les polémiques aux seuls quatre murs des institutions et à éviter de les étaler dans la rue. Il demandera également à ce que tout le monde mette un terme aux attaques contre les institutions constitutionnelles, légales et judiciaires, en rappelant qu'il est « inadmissible de les occulter et de faire comme si elles n'existaient pas ». Il insistera en outre sur une autre urgence : le respect de la Constitution et du pacte de coexistence, ce qui implique « qu'il faut nécessairement cesser de blesser l'autre, de cesser de le noyer d'accusations de traîtrise en tout genre et de déroger aux us et coutumes politiques ».
En un mot comme en cent : il leur demandera de nouveau de faire primer le dialogue.

À la Maison du Centre
C'est en tout cas ce dont Michel Sleiman a principalement parlé avec Saad Hariri hier au cours d'un tête-à-tête de soixante-quinze minutes au cours d'une tournée d'horizon qu'ils n'ont pas eu l'opportunité d'effectuer depuis la fête du Fitr. Pour les deux hommes, c'est une nouvelle fois le dialogue, les institutions étatiques et le sens des responsabilités qui doivent primer.
Il n'empêche, et ce sont les constantes en lesquelles il croit dur comme fer, que Saad Hariri a réitéré aux députés du Courant du futur au cours de la réunion exceptionnelle qu'il a présidée à la Maison du Centre.
Tout d'abord, le Premier ministre n'entend aucunement céder sur le Tribunal spécial pour le Liban chargé de juger les assassins de son père et des autres victimes. « Annuler le TSL, c'est ouvrir la porte à de nouveaux assassinats », a-t-il fait comprendre aux députés de son bloc selon des sources proches du CdF recueillies par L'Orient-Le Jour.
Ensuite, Saad Hariri n'a pas « la moindre » intention d'altérer ou de modifier de quelque façon que ce soit ses alliances politiques, « et notamment celle qui le lie au 14 Mars ». Il y reste « totalement et viscéralement » attaché, indiquent ces sources, qui précisent que le Premier ministre recevra aujourd'hui au Sérail, avant le Conseil des ministres, les pôles chrétiens du 14 Mars. Il est à noter, toujours selon les milieux proches de la Maison du Centre, que le n° 3 de l'État n'entend aucunement sacrifier Saïd Mirza, Achraf Rifi ou Wissam Hassan, qu'il considère, « à l'instar, naguère, de Fouad Siniora, comme des lignes rouges ».
Troisièmement, Saad Hariri refuse de changer en quoi que ce soit le rapport qu'il entretient désormais « en tant que Premier ministre » avec la Syrie. « La relation est stratégique, comme entre deux États », a-t-il également insisté.
Autre constante haririenne : l'attachement naturel à la logique de l'État, à la légalité et à la primauté de l'armée et des FSI.
Enfin, les sources précitées indiquent qu'au cours de la réunion, il a été convenu que « l'important n'est pas Jamil Sayyed, mais qui se tient derrière lui ». Et Saad Hariri, qui s'adressera à l'opinion publique dans maximum 48 heures, n'aurait pas demandé à ses hommes de mettre un terme à leur contre-attaque face aux coups de boutoir du 8 Mars en général et du Hezb flanqué de Jamil Sayyed en particulier, ni de baisser le ton...
Signalons que le Premier ministre, après sa réunion avec Michel Sleiman, s'est rendu à Aïn el-Tiné pour un entretien de 90 minutes avec le président de la Chambre Nabih Berry. Un Nabih Berry absolument silencieux depuis l'escalade verbale entre les deux camps, mais dont les lieutenants, depuis trois jours, exhortent infatigablement les belligérants au dialogue et au calme, à l'instar hier, de nouveau, du ministre de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah, qui a insisté sur la nécessité de « ne pas sortir de la logique de l'État et des institutions. Le langage des rues n'entraîne que davantage de tensions », a-t-il dit, exhortant tout le monde à dire ce qu'ils ont à dire autour de la table du Conseil des ministres.
Deux choses sont au moins acquises dans cette crise qui n'en finit plus d'aller crescendo. Un : le chef de l'État mettra toutes les parties face à leurs responsabilités historiques aujourd'hui au cours du Conseil des ministres qui se tiendra au palais de Baabda. Deux : le Premier ministre ne changera pas ses constantes d'un iota.Cette piqûre de rappel, Michel Sleiman la juge d'autant plus urgente qu'il quitte Beyrouth dès demain mercredi pour New York où il participera aux travaux de l'Assemblée générale de l'ONU avant de se rendre en visite officielle au Mexique pour plusieurs jours.Demain à Baabda, le n° 1 de l'État exhortera donc l'ensemble de l'échiquier politique à confiner leurs conflits et toutes les polémiques aux seuls...
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