On reconnaît, de g. à d., l’ambassadrice Ruth Flint, les ministres Tarek Mitri et Salim Wardy, ainsi que le député Tammam Salam. Photo Dalati Nohra.
À la fin des combats, en 1992, puis en 1999, le Liban se manifeste pour le récupérer. Après de longues tergiversations, l'université genevoise accède à la demande du Liban, mais exige avant de les restituer un laps de temps nécessaire pour achever l'élaboration du manuscrit Fouilles de Byblos VI et établir l'inventaire des archives. En contrepartie, le Liban donne l'assurance que le fonds sera numérisé et conservé dans des conditions adéquates.
Après la publication, en 2008, des Fouilles Byblos VI et suite à une série de rencontres entre le professeur Antoine Cavigneaux, responsable du dossier, Boris Drahusac, directeur général du département des affaires culturelles de la ville de Genève, et Assaad Seif , de la Direction générale des antiquités libanaises (DGA), « un protocole d'accord-cadre » portant sur la procédure de rapatriement du fonds Dunand et la politique de collaboration entre la DGA et l'« Unité de langues et de civilisations de la Mésopotamie » de l'université de Genève est signé. Après 33 ans d'absence, la documentation de Dunand est enfin expédiée au Liban, à bord de la MEA. L'opération, qui s'est déroulée entre le 20 et le 26 juillet dernier, a été sponsorisée par Anthony Naoum (assureur)) et Jawad Adra, président de l'association INMA.
« Cette documentation, que le Liban s'est engagé à restaurer et à numériser, va nous permettre de procéder à l'analyse de l'espace (morphologie et organisation du site) et de poursuivre le travail de publication et de mise en contexte archéologique des vestiges architecturaux et de tous les objets exhumés à Byblos et aujourd'hui entreposés dans les dépôts de la DGA », a dit, pour sa part, Assaad Seif, alors qu'il exposait sur PowerPoint un aperçu historique sur les travaux de fouilles à Byblos.
Quant au ministre Tarek Mitri, il s'est déclaré « très heureux » que le Liban ait récupéré ses archives de grande valeur. « C'est quand même notre propriété ! » s'est-il exclamé. « Mais attention, elles sont fragiles ; pour les conserver, il faut donc les numériser... Et surtout il faudrait que les chercheurs en profitent. »

