"Les financements innovants, la taxation des transactions financières, nous pouvons le décider ici. Pourquoi attendre ? La finance s'est mondialisée, au nom de quoi nous ne demanderions pas à la finance de participer à la stabilisation du monde en prélevant sur chaque échange financier une taxe ?", a lancé M. Sarkozy au premier jour d'un sommet de l'ONU sur les OMD.
"Je veux dire ma conviction qu'alors que tous les pays développés sont en déficit, il faut trouver de nouvelles sources de financement pour la lutte contre la pauvreté, l'éducation et pour la résolution des grandes pandémies sanitaires de la planète", a insisté M. Sarkozy.
"Nous ne serons pas au rendez-vous s'il n'y a pas une avancée majeure sur les financements innovants", a-t-il poursuivi, "en tant que futur président du G20 et du G8, je me battrai pour développer cette idée, elle est essentielle et c'est notre crédibilité qui est en jeu".
Le document de synthèse qui doit être soumis au vote des Etats membres de l'ONU au terme du sommet prévoit des financements innovants. S'ils sont défendus par la France ou le Brésil et la Norvège, ces nouveaux modes de financement suscitent la méfiance d'autres pays menés par les Etats-Unis.
Outre celle sur les transactions financières, les financements innovants pourraient inclure une taxe sur les billets d'avion, déjà appliquée par la France, ou des taxes sur le tourisme, l'internet, la téléphonie mobile.
Pour permettre de financer les OMD, la France souhaite également renforcer la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux, selon l'Elysée. Cette fraude "coûte à nos ةtats, riches et pauvres, plusieurs centaines de milliards de dollars chaque année", a-t-on indiqué.
Le chef de l'Etat français a enfin insisté à la tribune de l'ONU sur la nécessité de réformer la gouvernance mondiale, l'une des priorités qu'il a retenues pour la présidence du G20 (à partir de la mi-novembre) et du G8 (à compter du 1er janvier 2011).
"Nous sommes au XXIe siècle, nous ne pouvons pas continuer avec la gouvernance du XXe siècle", a-t-il martelé. "Cette année qui vient est celle des grands changements. La France souhaite y participer, non pas bien sûr pour faire des discours, non pas bien sûr en donneuse de leçons, mais pour entraîner le monde entier vers une nouvelle gouvernance mondiale", a conclu M. Sarkozy.
Il a enfin annoncé qu'il se rendrait en janvier prochain au sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba (Ethiopie) pour donner "un nouvel élan au partenariat" entre le G8 et l'Afrique.


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