Le pape Benoît XVI a béatifié hier John Henry Newman (à l’arrière-plan), anglican converti au catholicisme, lors d’une ultime messe en plein air à Birmingham. Darren Staples/Reuters
« C'est fantastique de voir le Saint-Père nous rendre visite. Ça montre la force de l'Église catholique ici », a déclaré Rob Lyng, 47 ans, s'agrippant à sa tasse de café chaud. « Pape, nous sommes avec vous à 100 % », assurait une pancarte brandie par un groupe de jeunes, les bottes plantées dans la gadoue. « Pape, nous vous aimons plus que des haricots en sauce sur des toasts », ajoutait une autre banderole dans une allusion à une particularité de la « gastronomie » anglaise.
Au son des trompettes et des chants religieux, le pape a béatifié le cardinal John Henry Newman, plus célèbre anglican rallié au catholicisme, dont la conversion avait provoqué un vif scandale dans l'Angleterre victorienne au XIXe siècle.
Dans son homélie, le pape allemand a une nouvelle fois rendu hommage aux Britanniques qui ont « résisté courageusement » lors de la Second Guerre mondiale contre le régime nazi. La messe de béatification était le dernier événement de la première visite d'État d'un pape au Royaume-Uni.
Entamé jeudi, le déplacement a été marqué par plusieurs déclarations sur les scandales de pédophilie au sein du clergé. Samedi, Benoît XVI a exprimé de nouveau sa « honte » pour ces crimes « innommables » lors d'une rencontre à Londres avec des victimes de prêtres pédophiles. Dans l'après-midi, lors d'une rencontre avec des évêques, le pape a fait une autre déclaration sur les scandales pédophiles parmi le clergé, thème récurrent du voyage. La question de ces « abus honteux » « mine gravement la crédibilité des responsables de l'Église », a-t-il déclaré.
Des milliers de personnes ont dénoncé au même moment les positions « archaïques » du Vatican sur l'homosexualité, la place des femmes et la contraception. Un sondage publié hier dans l'Independent montre une nouvelle fois le gouffre existant entre le Vatican et les catholiques britanniques (10 % de la population) : 70 % d'entre eux approuvent le libre choix de la femme en matière d'avortement et 89 % les moyens de contraception.
Le voyage a été « un succès spirituel », a estimé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. « Le pape n'est pas content parce qu'il y a eu de grandes foules, mais parce que nous avons eu la démonstration claire que les gens étaient intéressés par ce qu'il avait à dire », a-t-il ajouté.
Le voyage s'est poursuivi sans embûche, malgré une alerte « terroriste ». Six personnes avaient été arrêtées vendredi, soupçonnées d'« actes terroristes », mais elles ont été relâchées 48 heures plus tard sans aucune poursuite.
Le pape a pris l'avion pour Rome dans la soirée.


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