De source bien informée, on assure que le député Hussein Khalil, conseiller du secrétaire général du Hezbollah, s'est rendu jeudi à Damas, qui a donc été informé de la position en flèche que le parti de Dieu allait prendre contre l'action en justice visant Jamil Sayyed. À ce sujet, des observateurs n'ont pas manqué de souligner la contradiction qu'il y avait à demander à ce que la justice fasse son travail, pour ce qui concerne les « faux témoins », et ne le fasse pas, pour ce qui est de Jamil Sayyed.
En tout état de cause, le chef de l'État, assurent les sources citées, déplore profondément l'état de tension que vit en ce moment le Liban et se montre inquiet pour la bonne marche des institutions. Il cherche à éviter que le Liban ne s'enfonce encore davantage dans la crise. Conscient du rôle privilégié qui lui revient dans le maintien de la paix civile et de la stabilité politique, Michel Sleiman multiplie depuis quelques jours les contacts avec tous les acteurs susceptibles de redresser la barre, que ce soit sur le plan interne ou sur le plan arabe.
Signe inquiétant de plus, le secrétariat du Conseil des ministres a distribué une partie de l'ordre du jour de la prochaine réunion, mais n'a toujours pas précisé où et quand elle se tiendra, espérant pouvoir le faire dans les prochains jours. On sait en effet que l'ordre du jour doit normalement être distribué 48 heures avant la réunion. Selon certains observateurs, le Premier ministre prolonge son séjour en Arabie saoudite dans l'espoir qu'un modus vivendi sera trouvé, qui empêcherait une confrontation explosive entre la majorité et l'opposition au sein du Conseil des ministres. L'enjeu serait, bien entendu, le tribunal international. « Quelque chose doit sauter. C'est ou le tribunal ou le gouvernement », affirmait un observateur. Au demeurant, le ministre Boutros Harb avait clairement laissé entendre, en cours de journée, que le cabinet est menacé.
Avec son homologue syrien, le chef de l'État s'est également entretenu de la visite effectuée au Liban par l'émissaire américain George Mitchell ainsi que de l'arrivée, aujourd'hui, du président iranien en Syrie. À ce sujet, les observateurs s'interrogeaient, hier, sur la possibilité d'une nouvelle rencontre tripartite, à Damas, entre les chefs de l'État iranien et syrien, et le secrétaire général du Hezbollah.

