L'addition est donc repartie à la hausse. Mais 31 points à reprendre en cinq courses, cela n'a rien d'impossible dans l'esprit des dirigeants français. « L'équipe a fait du bon travail et a pris la bonne décision stratégique avec Robert (Kubica), mais un arrêt assez lent nous a coûté deux positions. Nous devons faire en sorte que ces petits détails soient rectifiés si nous voulons rattraper Mercedes au championnat », soulignait Éric Boullier, le directeur d'équipe de Renault F1, dimanche.
« C'est toujours l'objectif. C'est dans nos cordes. Les cinq dernières courses se déroulent sur des pistes qui conviennent à notre voiture », insistait le patron d'Enstone mercredi, dans un entretien à l'AFP. Et puis, l'équipe a encore quelques améliorations dans ses cartons, alors que la Flèche d'argent finira la saison dans une version figée. « On estime, en simulation, que notre voiture a progressé de 1.75 sec au tour entre les premiers essais et aujourd'hui. On est une des écuries qui a le plus progressé. »
Ferme dans la conduite des affaires, le patron regrette cependant l'apport insuffisant de son second pilote, Vitaly Petrov, qui a donné 19 points à l'écurie contre 108 à Robert Kubica. Le Russe est sur la sellette et aura une dernière chance de montrer à Singapour qu'il mérite de rester en place en 2011. En cas d'échec manifeste, sa succession sera ouverte. On sait que l'Allemand Nick Heidfeld, 33 ans, possède de sérieux atouts : un excellent compromis rapidité/fiabilité, des essais de développement avec Pirelli, le manufacturier exclusif de la F1 à partir de 2011 et un retour en course la semaine prochaine chez Sauber. Son compatriote Adrian Sutil, 27 ans, possède des atouts voisins, et l'assurance qu'il dégage plaît à Éric Boullier.
On pensait que la liste des options alternatives se résumait à ces deux prétendants, mais Kimi Raïkkönen s'est récemment rajouté à la liste. Le champion du monde de F1 2007, assez péniblement passé au WRC, a été impressionné par la santé de la Renault en Belgique, et il lorgne désormais sur la R31. « C'est lui qui nous a contactés. C'est flatteur, car cela montre que l'écurie est attractive pour un champion du monde de F1 », reconnaît le directeur d'écurie. Le problème est qu'Iceman a dit cet été qu'il ne reviendrait probablement jamais en Grand Prix. Il devra donc convaincre de sa motivation avant de pouvoir être inclus dans la liste. Il lui faudra ensuite oublier les prétentions salariales qu'il avait chez McLaren et Ferrari. Bouillier vit au présent et son esprit est encore loin de tout ça. « Pour le moment, il y a un premier scénario. On a choisi Vitaly. Il fait quand même un très bon travail. Il grandit. Il arrive à maturité correctement. Je le presse parce qu'on a besoin d'être rassuré sur son potentiel le plus vite possible. On veut le garder », explique l'homme de confiance du Luxembourgeois Gérard Lopez, copropriétaire à 75 % de l'usine d'Enstone. Mais c'est vrai, il l'admet : « Devenir un top team veut aussi dire avoir deux voitures qui sont régulièrement sur le podium. »

