La décision française d'interdire le port du voile islamique intégral dans l'espace public divise le monde musulman. En Égypte, pays qui cherche lui aussi à décourager le port du niqab, le vote du Parlement français a été favorablement accueilli. Hier, Abdel Mouti al-Bayoumi, un haut religieux de la prestigieuse institution sunnite d'al-Azhar, a salué la décision française, estimant qu'il n'avait aucun fondement religieux. « Je veux envoyer un message aux musulmans de France et d'Europe. Le niqab n'a pas de fondement dans l'islam. J'ai été consterné de voir quelques-unes de nos sœurs (en France) le porter. Cela ne donne pas une bonne impression de l'islam », a-t-il ajouté. A contrario, en Jordanie, le principal parti d'opposition, le Front de l'action islamique (FAI), a qualifié hier d'« affront à la dignité humaine » la décision française. « Cette loi constitue un assassinat des libertés », a déclaré Hamza Mansour, secrétaire général du FAI, branche politique des Frères musulmans.