Les plateaux de maamoul et autres sucreries des fêtes ont été pris d’assaut dès hier soir.
Du reste, une partie de la communauté chiite a suivi la décision de la Fondation Fadlallah, une école coranique faisant autorité au sein du monde arabe, et a fêté le Fitr hier. C'est sayyed Ali Fadlallah, le fils du grand imam disparu, qui a conduit la prière. Une autre partie de la communauté a décidé, par contre, dans un souci d'unité religieuse formelle, de suivre le calendrier lunaire fixé par Dar el-Fatwa.
Ce flottement au sujet de la date de la fête, fixée officiellement mercredi soir par Dar el-Fatwa, a perturbé les congés d'une bonne partie de la population, qui comptait sur d'exceptionnelles vacances de quatre jours, jugeant à raison que la Fondation Mohammad Hussein Fadlallah, décédé il y quelques semaines, faisait autorité au Liban.
S'il faut en croire les bouchons qui se sont formés sur les routes, mercredi soir et hier matin, des dizaines de milliers d'employés, notamment dans le secteur bancaire, ont dû annuler leurs programmes et rejoindre, frustrés, leurs postes de travail.
Canicule
Intervenant en plein mois d'août, le mois de jeûne de ramadan a été particulièrement pénible à observer cette année, de l'avis général des fidèles de la communauté musulmane. L'exceptionnelle canicule qui a régné sur l'ensemble de la région, et sur le Liban en particulier, n'en a que mieux souligné les mérites.
L'annonce de la fête n'a donc été que plus joyeusement accueillie dans l'ensemble du pays, en particulier dans les familles, où elle est généralement célébrée. La fête est en effet un jour qui ne doit pas être jeûné, même pour ceux qui ont des jours à rattraper, comme cela arrive en cas de maladie, où si des circonstances empêchent l'observation du jeûne.
On sait que la date de l'Aïd el-Fitr recule tous les ans de 10 à 12 jours par rapport au calendrier grégorien, du fait que le calendrier musulman est lunaire.
Cette fête est bien sûr l'occasion de réjouissances, puisque le jeûne est terminé, mais elle prévoit aussi des actes de générosité envers les pauvres. En effet, une aumône spécifique, appelée Zakât el-Fitr, est pratiquée juste avant la prière de l'Aïd. La prière de la fête, qui sera conduite à Beyrouth par cheikh Abdel Amir Kabalan et le mufti Mohammad Rachid Kabbani, consiste traditionnellement en deux agenouillements (rak'aate) puis la récitation de deux sourates du Coran. Un sermon suit la prière.
Kabalan : Respect de toutes les religions
À la veille de la fête officielle, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a publié un message dans lequel il a appelé les Libanais à l'unité et au respect de toutes les religions. Le dignitaire chiite a notamment affirmé : « Les musulmans respectent toutes les religions révélées et estiment tous les prophètes. » Il a donc condamné comme « habités par le diable » ceux qui « défient les prophètes et leurs livres », en allusion à la secte protestante américaine qui planifie de commettre un sacrilège contre le Coran.
Le dignitaire religieux a par ailleurs condamné les attentats et invité les Libanais « à s'entraider et à se traiter en frères (...) à s'écarter de tout fanatisme et de tout égoïsme (...) à se monter généreux à l'égard des nécessiteux, à rester unis et en contact les uns avec les autres afin de sauvegarder leur patrie et servir ses intérêts supérieurs ».

