Deux mois après le cauchemar contre l'Allemagne (4-0) en quart de finale du Mondial, l'Argentine a réussi une première période de rêve, chacun de ses trois attaquants, Messi, Higuain et Tevez, y allant de son but (3-0 à la pause).
L'albiceleste, déjà victorieuse en Irlande en août (1-0), a certes profité des errements défensifs de l'Espagne, qui alignait son gardien numéro 2 (Reina) et un seul titulaire de l'arrière-garde championne du monde (Piqué), mais elle a aussi su pousser son adversaire à la faute avec un jeu vif et bien huilé.
« Si l'Espagne n'a pas ressemblé à l'équipe à laquelle nous sommes habitués, l'Argentine y a été pour beaucoup.
Nous avons réussi le match auquel on pensait. En première mi-temps, l'équipe a très bien joué parce qu'elle contrôlait bien le ballon », a souligné Batista.
Le successeur de Diego Maradona, évincé fin juillet pour avoir refusé de se séparer de plusieurs membres de son encadrement, est l'un des grands gagnants de cette soirée de gala.
17 ans sans titre
« Le triomphe place Sergio Batista dans une position idéale par rapport à son avenir. Renforcé par les résultats, il devrait être celui qui conduira l'équipe albiceleste au moins jusqu'à la Copa America de l'an prochain » en Argentine, estime La Nación.
« À condition que le directeur général des sélections, Carlos Bilardo, n'impose pas l'un de ses désirs : placer Alejandro Sabella (l'entraîneur d'Estudiantes) sur le banc de la sélection », ajoute toutefois le quotidien.
Il reste deux matches amicaux contre le Japon, le 8 octobre, et le Brésil, le 17 novembre, pour convaincre la fédération argentine (AFA).
Son tout-puissant président, Julio Grondona, a toutefois déjà déclaré fin août qu'il « faudrait vraiment que de très grandes difficultés surgissent pour que Batista ne soit plus l'entraîneur de la sélection argentine après le 31 décembre ».
Pour remporter un premier titre international depuis la Copa America 1993, Batista pourra notamment s'appuyer sur un Messi de plus en plus convaincant en sélection.
Souvent méconnaissable ces dernières années sous le maillot albiceleste, il a réussi un match plein, auréolé d'un but magnifique d'une petite balle piquée, avant de sortir sous les applaudissements du public argentin, parfois difficile à son égard.
L'équipe a aussi paru mieux équilibrée avec les retours de Zanetti en défense et de Cambiasso au milieu, deux des grands absents du groupe emmené par Maradona en Afrique du Sud.
La page du Mondial est bel et bien tournée.

