Des enquêteurs de l’armée russe inspectent le site de l’attentat, hier à Dalniï. Kurban Labazanov/News Team/AFP
Une voiture piégée a explosé devant une base militaire utilisée par l'unité des fusiliers-motocyclistes stationnée à Dalniï près de la ville de Bouïnaksk, à une quarantaine de kilomètres de Makhachkala, la capitale du Daguestan. La puissance de l'explosion était équivalente à environ 100 kilos de TNT, a déclaré un responsable des forces de l'ordre locales, cité par RIA Novosti. L'explosion a fait un cratère de trois mètres de diamètre, selon la même source. L'attentat a eu lieu à 00h30. Les militaires avaient repéré la voiture du kamikaze et bloqué l'entrée du camp avec un camion. Le parquet militaire russe a déclaré enquêter sur les circonstances de l'attentat, alors qu'une commission spéciale dirigée par le chef par intérim du district militaire du Sud, Alexandre Galkine, s'est rendue au polygone de Dalniï, selon le ministère de la Défense.
Le Daguestan, république voisine de la Tchétchénie, est en proie à une rébellion armée islamiste qui mine tout le Caucase russe. Ce nouvel attentat illustre l'incapacité de Moscou à enrayer l'insurrection. « Cet acte terroriste montre que les bandits qui agissent dans la république ont toujours des forces pour de telles attaques », a déclaré Magomedsalam Magomedov, président du Daguestan. « Nous devons faire plus d'efforts pour éliminer les rebelles », a-t-il affirmé, cité par les agences russes. La tâche semble toutefois énorme, compte tenu de la pauvreté et des problèmes sociaux qui nourrissent la rébellion. L'an dernier, au cours d'une visite au Daguestan effectuée après le meurtre du ministre local de l'Intérieur, le président russe Dmitri Medvedev a reconnu que « les clans, les vols et les pots-de-vin » favorisaient le recrutement de militants islamistes.
« Cela fait longtemps que de telles attaques n'ont pas eu lieu », relève Alexeï Malachenko, spécialiste du Caucase au centre Carnegie de Moscou. « Ceux qui les commettent sont très forts, ils ont un important soutien (...) et la stratégie du Kremlin pour les combattre n'a pas donné de résultats positifs », estime ce spécialiste interrogé par l'AFP. Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a lui-même admis en juillet que les « mesures répressives » ne suffisaient plus. Il présidera aujourd'hui une réunion consacrée à la stratégie de développement du Caucase.

