L’ETA, fondée le 31 juillet 1959, est considérée comme une organisation terroriste par l’Union européenne et les États-Unis. L’annonce du cessez-le-feu a été faite dans une vidéo transmise à la BBC et au journal basque « Gara ». Photo Reuters
Mise en ligne par ce dernier, la vidéo montre trois personnes encagoulées, assises à une table face à la caméra, devant une affiche représentant le symbole de l'ETA avec un serpent et une hache. « Ces derniers temps, le Pays basque se trouve à un moment important, à un carrefour », déclare la personne au centre, une femme d'après le son de sa voix. L'organisation indépendantiste annonce qu'elle « ne mènera pas d'actions offensives armées » dans le cadre sa lutte pour l'indépendance du Pays basque. Elle ajoute avoir pris cette décision il y a plusieurs mois, « pour arriver à un scénario de processus démocratique », mais ne précise pas si ce cessez-le-feu est temporaire ou définitif. Selon une traduction de la vidéo en espagnol, réalisée par Gara, l'organisation « réaffirme son engagement envers une solution démocratique (...) pour qu'à travers le dialogue et la négociation, nous, les citoyens basques, puissions décider de notre avenir de forme libre et démocratique ». « Si le gouvernement espagnol le veut, ETA est prête aujourd'hui comme hier à convenir de conditions démocratiques minimales nécessaires à la mise en place d'un processus démocratique », poursuit la déclaration. « Le changement politique est possible », affirme le groupe. « Nous transmettons également cette décision à la communauté internationale » et « nous l'appelons à répondre avec responsabilité (...) à la volonté et à l'engagement de l'ETA pour qu'elle prenne part à la mise en place d'une solution durable, juste et démocratique à ce conflit politique de plus de cent ans », poursuit-il. « Mais ce n'est que quand les droits du peuple basque seront reconnus et garantis que s'ouvrira la porte d'une solution véritable au conflit », prévient-il.
Le gouvernement socialiste espagnol, échaudé par la rupture brutale par l'ETA de sa dernière trêve en 2006, restait prudent quant à lui, le ministère de l'Intérieur indiquant être en train « d'analyser le communiqué ». L'ETA « n'a qu'un seul destin : déposer les armes et sans aucune condition », déclarait encore fin juillet le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero. De son côté, le responsable de l'Intérieur du gouvernement autonome basque a estimé que l'annonce faite par l'ETA est « insuffisante » et « ambiguë » car il ne s'agit pas d'un engagement à arrêter définitivement la violence.
L'ETA, fondée le 31 juillet 1959 et considérée comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les États-Unis, est tenue pour responsable de la mort de 829 personnes depuis son premier attentat meurtrier officiel, le 7 juin 1968. Elle n'a pas commis d'attentat depuis août 2009 et a été fortement décimée par des arrestations à répétition depuis la fin de sa trêve de 2006. Depuis le début de l'année, 68 membres présumés et collaborateurs de l'organisation ont été arrêtés en Espagne ou dans d'autres pays d'Europe.
L'ETA avait annoncé en juillet l'avènement d'une « période de changements », sans préciser ce que cette expression recouvrait. Le parti nationaliste basque Eusko Alkartasuna (EA) et son allié Batasuna, la vitrine politique de l'ETA interdite depuis 2003, ont demandé ces derniers jours un « cessez-le-feu permanent de l'ETA sous vérification internationale ». Le mouvement radical Batasuna faisait pression depuis plusieurs mois sur l'ETA pour que l'organisation renonce à la violence. Batasuna tente par tous les moyens de revenir dans le jeu démocratique, notamment en s'alliant avec EA, dans le but d'être présent aux élections municipales basques de 2011.

