Ahmadinejad lors de sa conférence de presse à Doha, hier. Karim Jaafar/AFP
« Tout acte contre l'Iran conduirait à la destruction de l'entité sioniste », a dit aux journalistes le président iranien lors d'une conférence de presse avec l'émir du Qatar cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani. « L'entité sioniste et le gouvernement américain frapperont tout pays dans la région quand ils le veulent et ils n'attendront pas d'avoir la permission (...), mais pour le moment ils ne sont pas en mesure de le faire », a encore déclaré M. Ahmadinejad dont les propos en persan étaient traduits en arabe. « L'Iran a la capacité de répondre durement », a-t-il poursuivi.
Le régime iranien, ennemi juré d'Israël dont il prédit régulièrement la disparition, soutient le Hamas qui contrôle la bande de Gaza et s'oppose à tout compromis avec l'État hébreu. Israël n'a par ailleurs jamais écarté l'option militaire dans le dossier du nucléaire iranien. Téhéran, malgré ses dénégations, est soupçonné par les pays occidentaux et l'État hébreu de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous le couvert de programme civil.
Mahmoud Ahmadinejad a par ailleurs estimé que les déclarations évoquant des éventuelles attaques contre son pays étaient destinées à « mettre l'Iran sous pression ». « Il n'y aura pas de guerre contre l'Iran », a t-il avancé.
Parallèlement, sur le plan diplomatique, le ministère iranien des Affaires étrangères s'est dit hier offusqué des critiques émises la veille par l'Autorité palestinienne à l'encontre du président iranien, qui avait dénoncé la reprise des négociations de paix avec Israël. Le porte-parole de l'Autorité palestinienne, Nabil Abou Roudeina, « devrait être plus prudent dans le choix de ses mots », a jugé son homologue du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par l'agence Fars.
Samedi, M. Roudeina avait répondu avec véhémence aux critiques du président iranien. Mahmoud Ahmadinejad, « qui ne représente pas le peuple iranien, qui a falsifié les élections et pris le pouvoir par la fraude, n'a pas le droit de parler de la Palestine, de son président ou de ses représentants », avait-il asséné. Vendredi, commentant à l'occasion de la « journée de Qods » (Jérusalem) la reprise de pourparlers directs de paix à Washington, M. Ahmadinejad avait qualifié M. Abbas d'« otage » d'Israël. « Qui représentent-ils ? Que veulent-ils négocier ? Qui leur a donné le droit de vendre le moindre pouce de territoire palestinien ? » avait-il enchaîné en visant les négociateurs palestiniens. « Le peuple de Palestine et les peuples de la région ne leur permettront pas de vendre aux ennemis le moindre pouce de terre palestinienne. »

