La date du 31 août est en grande partie symbolique, car les soldats américains en Irak n’étaient plus depuis quelque temps sur le front et se consacraient déjà à l’entraînement et à la formation des policiers et soldats irakiens. Photo Reuters
« C'est un jour qui restera dans la mémoire de tous les Irakiens. L'Irak devient aujourd'hui un pays souverain et indépendant », a néanmoins assuré M. Maliki dans une intervention télévisée. « Malheureusement, nous sommes confrontés à une campagne de scepticisme et nous sommes sûrs que son objectif est d'empêcher le retrait », a-t-il regretté. « Je vous réaffirme que les forces de sécurité irakiennes sont capables d'assumer leurs responsabilités », a martelé le chef du gouvernement.
Cette évaluation a toutefois été nuancée par son ministre de la Défense, Abdel Qader al-Obeidi, qui a estimé dans un entretien à la chaîne Hourra qu'en 2012, soit après le retrait complet des Américains, les forces irakiennes ne seraient capables d'assurer la sécurité qu'à « 95 % ».
L'armée américaine organisera aujourd'hui, en présence du vice-président américain Joe Biden, une cérémonie marquant le début de sa nouvelle opération en Irak, dite « Aube nouvelle » (« New Dawn »), qui sera axée sur l'entraînement de l'armée et de la police irakiennes. Après plusieurs mois de retrait graduel, le contingent américain en Irak est actuellement de 49 700 hommes, contre 170 000 au plus fort des violences confessionnelles de 2007. Un peu plus de 4 400 militaires américains ont péri en Irak depuis 2003. Le retrait complet est prévu fin 2011.
Pas de triomphalisme
Lors d'un discours à la Maison-Blanche, le président américain Barack Obama devait annoncer officiellement la fin de la mission de combat de ses troupes en Irak. Lors de son discours télévisé, seulement le deuxième de sa présidence depuis le bureau Ovale - le premier, le 15 juin, avait été consacré à la marée noire dans le golfe du Mexique -, M. Obama devait par ailleurs évoquer le deuxième théâtre majeur d'opérations de l'armée américaine : l'Afghanistan.
Mais, à quelques heures d'un discours très attendu du président américain Barack Obama, son secrétaire à la Défense Robert Gates a averti que l'heure n'était pas au triomphalisme en Irak, alors que la Maison-Blanche a de nouveau appelé les dirigeants irakiens à former au plus vite un nouveau gouvernement. Ce discours sur l'Irak ne constituera pas un « tour d'honneur », a lui-même prévenu le président Obama. « Nous avons encore beaucoup de travail pour faire en sorte que l'Irak soit un vrai partenaire », a expliqué le président des États-Unis lors d'une visite dans une base militaire à Fort Bliss, près d'El Paso, au Texas. Barack Obama a en outre prévenu que les États-Unis devaient toujours s'attendre à « un combat très dur » en Afghanistan face à el-Qaëda.
« L'heure du défilé triomphal et de l'autosatisfaction n'a pas sonné », avait également averti le secrétaire américain à la Défense Robert Gates lors d'un discours à Milwaukee, dans le nord des États-Unis. « Nous avons encore du travail et des responsabilités là-bas », a ajouté M. Gates, notant que des « tensions interconfessionnelles » divisaient toujours l'Irak.
Appel à la formation d'un gouvernement
Arrivé lundi soir en Irak, M. Biden a notamment rencontré hier les deux principaux candidats au poste de Premier ministre, M. Maliki et l'ex-chef de gouvernement Iyad Allawi, pour tenter de faire avancer l'épineuse question de la formation d'un nouvel exécutif, six mois après les législatives.
La Maison-Blanche a d'ailleurs appelé mardi « les dirigeants irakiens à progresser avec un sentiment d'urgence pour former un gouvernement », a indiqué le conseiller adjoint de M. Obama pour la Sécurité nationale, Ben Rhodes.
Avant de s'entretenir avec M. Maliki, M. Biden a tenu à minorer la gravité de la situation. « Nonobstant ce que la presse nationale dit sur la hausse des violences, les choses sont très différentes (...), (la situation est) beaucoup plus sûre », a déclaré M. Biden au début de la rencontre avec M. Maliki, selon un pool de presse.
Enfin, le parti Baas de l'ancien dictateur Saddam Hussein a estimé que l'annonce de la fin de la mission de combat américaine était la conséquence d'attaques « dévastatrices » contre les troupes américaines menées par des « résistants » irakiens.
En sept ans et demi de conflit, plus de 4 400 soldats américains sont morts en Irak, tout comme plus de 100 000 civils irakiens. Plus de 1,5 million d'Irakiens, chassés de chez eux par les violences, vivent toujours loin de leurs maisons, parfois dans des conditions sordides.

