La Russie et l'Arménie venaient de signer un accord prolongeant la présence militaire russe en Arménie jusqu'en 2044. Quelque 3 500 militaires russes sont stationnés dans cette ancienne république soviétique. Le président Sarkissian a souligné que l'accord élargissait aussi les fonctions de cette base à Guioumri (ouest de l'Arménie, à la frontière avec la Turquie) et que désormais, Moscou s'engageait à assurer la sécurité nationale arménienne. « Jusqu'à présent, cette base ne pouvait servir que pour des opérations à l'intérieur des frontières de l'ex-URSS, mais cette limite est désormais levée », a-t-il ajouté.
Selon M. Sarkissian, Moscou défendra donc l'Arménie contre son voisin azerbaïdjanais, alors que ces deux pays entretiennent des relations exécrables, Erevan soutenant l'enclave séparatiste du Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise à majorité arménienne. Ce territoire, rattaché à l'Azerbaïdjan pendant la période soviétique, a proclamé son indépendance après une guerre qui a fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994. Des escarmouches mortelles y ont encore lieu régulièrement.
Le Caucase du Sud est d'autant plus important pour la Russie que cette région est une zone de transit stratégique pour les hydrocarbures de la mer Caspienne. Or, depuis la chute de l'URSS, Moscou y a perdu une grande partie de son influence, la Géorgie se rapprochant des États-Unis et de l'OTAN tandis que l'Azerbaïdjan ouvrait ses vastes réserves de pétrole aux groupes occidentaux. Ceux-ci ont construit entre la mer Caspienne et la Turquie un oléoduc contournant la Russie vers les marchés européens. Moscou n'a cependant jamais cessé de manœuvrer dans la région, soutenant ainsi dès les années 1990 les républiques séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie contre le pouvoir de Tbilissi jugé trop insoumis.
Le Caucase du Nord, dans le sud de la Russie, est quant à lui déstabilisé depuis des années par une rébellion islamiste qui s'est propagée après les deux guerres menées depuis 1994 en Tchétchénie.

