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Liban - Social

Un programme pour mieux prendre en charge les personnes souffrant d’alzheimer

L'Association Alzheimer's Liban entreprend un programme de formation du personnel de santé dans les 130 centres médicosociaux du ministère des Affaires sociales.

Diane Mansour : « Le Capacity Building Program a pour but de donner au personnel soignant dans les centres médicosociaux du ministère des Affaires sociales les outils nécessaires pour prendre en charge le patient souffrant d’alzheimer. »

Au Liban, et dans plusieurs régions du monde, le corps soignant au sein des hôpitaux, des centres médicosociaux ou des maisons de retraite, notamment ceux qui se trouvent en province, ignorent encore l'attitude à prendre face à un patient touché par la maladie d'alzheimer. Ce qui se traduit souvent par une agressivité, parfois involontaire, face à un malade qui ne sait pas décrire ce dont il souffre ou ce qu'il ressent, qui ne reconnaît pas ceux qui l'entourent ou, pire encore, qui ne se reconnaît plus. Comme cette dame se disputant avec son reflet dans le miroir, lequel refusait de prendre la pomme qu'elle lui offrait...
La raison principale derrière cette attitude du personnel de santé - et de la société - réside principalement dans l'insuffisance d'informations concernant une maladie qui « fait honte » et continue à être frappée de tabou, de l'aveu même de certains spécialistes.
Œuvrant dans la société depuis six ans pour changer les mentalités et briser par conséquent le tabou, comme pour aider les patients et leurs familles à mieux gérer la maladie, multipliant à cet effet conférences et ateliers de travail, l'Association Alzheimer's Liban (AAL) lance, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, un programme pour améliorer les capacités du corps infirmier et du corps soignant dans plus de 130 centres médicosociaux relevant du ministère. Baptisé « Capacity Building Program », le programme s'étalera sur une période de trois ans au cours desquels des ateliers de formation, dirigés par des spécialistes, seront organisés. Le but est de permettre à ce personnel de mieux comprendre la maladie, mais surtout de lui donner les outils nécessaires pour qu'il puisse à son tour faire le lien entre les familles dans les villages lointains et l'AAL. Le coup d'envoi de ce programme a eu lieu dernièrement au cours d'une conférence de presse placée sous l'égide du ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, qui avait dans son discours sollicité la présidente et fondatrice de l'Association Alzheimer's Liban, Diane Mansour, à se joindre à l'équipe du Comité national pour les personnes du troisième âge.
« L'alzheimer n'est pas une maladie comme les autres, explique Mme Mansour. C'est une des pathologies dont pourrait souffrir le patient, qui peut en plus se fracturer une jambe, à titre d'exemple, avoir de l'hypertension, un diabète, un cancer... Malheureusement, le corps infirmier et le personnel soignant ignorent comment communiquer avec ces malades qui ont perdu l'habilité de s'exprimer et, dans certains cas, se laissent aller, estimant qu'il n'y a rien à faire. Ce qui n'est pas vrai. Il faut avoir les bons outils pour le faire. D'où l'importance du Capacity Building Program. » Et d'ajouter : « La personne souffrant d'alzheimer n'est pas dangereuse ou agressive. Elle agit en autodéfense parce qu'elle se sent menacée et en état d'insécurité. Pour cela, la famille et le corps soignant doivent faire preuve de patience... et d'amour. »
Décrite pour la première fois en 1906 par Aloïs Alzheimer, neuropsychiatre allemand, chez une femme de 60 ans, la pathologie qui porte depuis son nom est une maladie touchant plus de 25 millions de personnes dans le monde. Au Liban, on estime à plus de 35 000 les personnes qui en souffrent.
L'alzheimer est une maladie dégénérative caractérisée par une perte progressive et rapide des cellules du cortex cérébral responsable des fonctions supérieures, comme la mémoire, le langage, l'orientation, l'intelligence et la communication.
Plus de la moitié des cas d'alzheimer sont observés chez des personnes âgées de plus de 80 ans. Dans certains cas toutefois, la maladie peut survenir à un âge plus jeune.
La maladie dure plusieurs années au cours desquelles la situation du patient se détériore et où les troubles de mémoire touchent au début les faits récents. Avec l'évolution de la pathologie, des événements plus anciens sont oubliés. Puis surviennent d'autres complications, comme la perte du sens de l'orientation, les troubles du langage, la difficulté à manipuler les gestes quotidiens et à reconnaître les personnes et les objets environnants. À cela s'ajoutent des troubles du calcul et de la logique. Au stade final de la maladie, le patient est alité.
Les causes de la maladie sont encore ignorées. Les spécialistes expliquent que le facteur héréditaire joue un rôle limité dans sa survenue, affirmant que c'est l'âge qui constitue le principal facteur de risque. En ce qui concerne le traitement, il est symptomatique, mais ne peut pas ralentir l'évolution de la maladie ou la stopper.

Au Liban, et dans plusieurs régions du monde, le corps soignant au sein des hôpitaux, des centres médicosociaux ou des maisons de retraite, notamment ceux qui se trouvent en province, ignorent encore l'attitude à prendre face à un patient touché par la maladie d'alzheimer. Ce qui se traduit souvent par une agressivité, parfois involontaire, face à un malade qui ne sait pas décrire ce dont il souffre ou ce qu'il ressent, qui ne reconnaît pas ceux qui l'entourent ou, pire encore, qui ne se reconnaît plus. Comme cette dame se disputant avec son reflet dans le miroir, lequel refusait de prendre la pomme qu'elle lui offrait...La raison principale derrière cette attitude du personnel de santé - et de la société - réside principalement...
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