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Lifestyle - Rencontre

Pedro Barros, le diplomate poète

Il est arrivé la première fois à Beyrouth en 1979 en tant que chargé d'affaires. Pedro Barros y est revenu en 2008 avec le titre d'ambassadeur. Il en repartira, à la fin de son mandat, poète et ami. Laissant comme gage un recueil de poèmes dédié à notre ville, si justement intitulé « Beyrouth aller-retour ».

Le charme discret de Pedro Barros. Photo Michel Sayegh

« Mon retour est un peu comme une parenthèse que je voulais refermer, un cycle qui s'achève », confie l'ambassadeur de Chili en parlant de son choix personnel de revenir en poste à Beyrouth quelque trente ans plus tard. Pour retrouver le goût de ces « choses simples » qu'il a goûté au Liban, la saveur de la rue Hamra qui était alors « un peu comme ma maison », dit-il dans un français charmant. « C'est chez vous que j'ai appris à parler le français, avant je le faisais d'une manière scolaire », précise-t-il dans un sourire esquissé.
Pedro Barros se sent un peu chez lui dans ce pays où, confie-t-il, « j'ai découvert l'Orient, une façon d'être, une belle solidarité entre les gens et cet amour de la vie qui est violence en même temps ». C'est ici qu'il a rencontré sa femme, disparue il y a 14 ans, qui travaillait alors au Centre culturel espagnol. C'est ici qu'il revient lui rendre hommage. Tenir, hélas sans elle, cette promesse qu'ils s'étaient fait d'y retourner un jour. « J'ai gardé un contact mental avec le Liban, maintenu, sans cesse des affinités spéciales. » Les retrouvailles étaient donc simples.
Entre 1979 et aujourd'hui, « tout a changé, mais tout change naturellement, dit-il, même moi ! La ville s'est transformée. Il reste pourtant un esprit et un peuple qui demeure le plus accueillant au monde ».
De son premier séjour il garde aussi les souvenirs des jours difficiles. D'une peur quelquefois violente, d'un danger permanent qui s'intègre sournoisement dans le quotidien. « Je n'oublierai jamais mon premier contact avec le pays, un bruit d'explosion entendu jusque dans notre avion qui survolait Beyrouth. La vision des sacs de sable à l'aéroport. » Puis une balle perdue qui l'effleure, alors qu'il est un jour à un barrage, au volant de sa voiture. Et le souffle d'un attentat qui a lieu dans un restaurant qu'il vient de quitter. Les chroniques d'une guerre ordinaire, somme toute.
Et puis il y a les bons souvenirs, et ils sont nombreux. Les pêcheurs de la Corniche, les montagnes libanaises, les couleurs, les parfums et les sensations d'une ville multiconfessionnelle extraordinairement enrichissante. Les amis, les réunions culturelles, un séjour captivant. Des liens qui sont restés...

Les mots pour le dire
En témoignent ces poèmes confessions de « Beyrouth aller-retour », parus en mars dernier (éditions Dargham), traduits librement de l'espagnol par Mona Moukarzel. Et dont L'Orient-Le Jour n'a pas manqué de faire les éloges dans sa page culturelle. Des textes entre tristesse et passion, impudeur et confessions.
« Je rêve de mes rêves de Beyrouth », écrit-il. Tout est dit. Noir sur blanc. Dit ou murmuré, au détour d'un mot et d'un silence. « Quand j'étais jeune, je voulais être peintre, poursuit l'ambassadeur. J'ai peint entre l'âge de 17 et de 20 ans ! La poésie s'est emparée de moi plus tôt, j'avais dix ans. Elle m'a rattrapée surtout dans les grandes douleurs. Quand je suis arrivé au Liban, quelque chose s'est déclenché. Ça m'a fait écrire sur Beyrouth. »
Avocat et diplomate depuis 1974, ce charmant monsieur qui désarme par sa gentillesse et sa simplicité élégante avoue avoir choisi ce deuxième métier pour son goût des voyages et des aventures. « Je voulais connaître d'autres civilisations. Et puis mon oncle était ministre des Affaires étrangères, mon beau-père diplomate. » Ses différents postes, en Suisse (il fut secrétaire au siège de la délégation du Chili aux organisations internationales), en France, en Inde, en Turquie où il fut ambassadeur, ont certainement étanché sa curiosité. « J'aime beaucoup mon pays, précise-t-il. L'expérience fut difficile, au début, mais nous avons eu la chance d'avoir un gouvernement autoritaire beaucoup plus ouvert que d'autres. »
Aujourd'hui, Pedro Barros, qui pense déjà, très fair-play, à une retraite calme « pour laisser la place aux plus jeunes ! » continue d'écrire. Il prépare deux recueils de poèmes, Les éléments de voyage et Choses simples. « Je sens que le temps passe et me pousse. J'ai commencé trop tard, regrette-t-il. La poésie, c'est mon vice particulier, mon coin de liberté que j'entreprends à la fin de ma carrière de diplomate, pour, justement, cette liberté. »
Diplomate, Monsieur l'Ambassadeur ? Surtout poète...
« Mon retour est un peu comme une parenthèse que je voulais refermer, un cycle qui s'achève », confie l'ambassadeur de Chili en parlant de son choix personnel de revenir en poste à Beyrouth quelque trente ans plus tard. Pour retrouver le goût de ces « choses simples » qu'il a goûté au Liban, la saveur de la rue Hamra qui était alors « un peu comme ma maison », dit-il dans un français charmant. « C'est chez vous que j'ai appris à parler le français, avant je le faisais d'une manière scolaire », précise-t-il dans un sourire esquissé. Pedro Barros se sent un peu chez lui dans ce pays où, confie-t-il, « j'ai découvert l'Orient, une...
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