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Sport - Athlétisme

Londres : Gay, l'autre visage du sprint

L'Américain Tyson Gay a rappelé vendredi à Londres, où il a remporté le 100 m en 9 sec 78/100 dans le froid et face à un vent de 0,4 m/s, que le sprint ne se résumait pas à l'icône jamaïcaine Usain Bolt, qui a mis un terme à sa saison mardi.

Tyson Gay courant le 100 m homme pour la Ligue du Diamant à Londres le 13 août./

Si Bolt est "martien", le triple champion du monde 2007 est bien terrien et incontestablement l'autre star de la vitesse.
En fait sa face cachée quand Bolt a capté toute la lumière depuis 2008 et trois médailles d'or aux Jeux de Pékin pour autant de records du monde stupéfiants.
"Je n'aime pas être au centre de l'attention", dit Gay. Athlète bien proportionné (1,83 m, 80 kg), il serait alors au sprint ce que le dandy Lord Brummel disait du bon goût: "L'homme bien habillé est celui qu'on ne remarque pas".
Réservé et respectueux, fraternel même quand il donne la main à ses voisins de couloirs avant de se caler dans les starting-blocks, Gay s'exprime exclusivement sur la piste.
"Un peu comme le crack, calme avant la course et premier au poteau d'arrivée", juge un journaliste américain. La comparaison est obligée: Gay est né à Lexington, Kentucky, la capitale du pur-sang. La comparaison est osée: Gay a dans le port de tête seigneurial et impassible, et les yeux voilés de tristesse, quelque chose du galopeur.
Fils de Daisy Lowe, une sprinteuse de niveau régional qui l'a eu très jeune et l'a élevé seule, Tyson Gay n'a pas brûlé les étapes. Le sprinteur de l'Université de l'Arkansas a atteint les sommets à 24 ans, aux Mondiaux d'Osaka. Vainqueur et terriblement humain. Le jour où il avait remporté la finale du 200 m, avec pour dauphin l'échalas Bolt, son entraîneur Lance Brauman sortait de prison où l'avait envoyé une arnaque aux bourses universitaires.
Doté d'un moteur puissant dont il a augmenté la cylindrée par une préparation dense et méticuleuse, l'Américain est capable d'emmener de la vitesse jusqu'au bout.


Trajectoires
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Après Osaka, les trajectoires s'étaient croisées. Alors que Bolt était lancé vers la gloire olympique, Gay était en proie aux blessures. À Pékin, souffrant des ischio-jambiers, il avait été transparent, éliminé en demi-finales du 100 m.
En 2009, Gay avait pourtant décroché la médaille d'argent aux Mondiaux à Berlin, à 13/100 du Caribéen qui avait revisité son record du monde en 9 sec 58/100. Il avait même terminé la saison très fort, avec un 9 sec 69/100 à Shanghai, soit la 2e performance mondiale de tous les temps.
Après l'opération aux adducteurs l'automne dernier, l'Américain a recommencé à s'entraîner avec intensité, à la poursuite de Bolt.
Obligé de retarder sa rentrée, Gay a rattrapé le temps. À Stockholm, il y a huit jours, il avait infligé à Bolt, certes diminué, sa première défaite depuis deux ans.
"Mon entraîneur m'a dit que je devais me stabiliser autour de 9 sec 7, quelles que soient les circonstances, souligne-t-il. Je peux courir un jour en 9 sec 5 mais il faut des conditions favorables".
Et Gay n'est pas dupe. À Crystal Palace, il a vu à ses côtés le jeune Jamaïcain Yohan Blake (20 ans) progresser jusqu'à 9 sec 89/100. Si Bolt reste le maître du jeu, les cartes ont bien été redistribuées.
Et Gay de sussurer: "C'est bon pour notre discipline".

Si Bolt est "martien", le triple champion du monde 2007 est bien terrien et incontestablement l'autre star de la vitesse.En fait sa face cachée quand Bolt a capté toute la lumière depuis 2008 et trois médailles d'or aux Jeux de Pékin pour autant de records du monde stupéfiants."Je n'aime pas être au centre de l'attention", dit Gay. Athlète bien proportionné (1,83 m, 80 kg), il serait alors au sprint ce que le dandy Lord Brummel disait du bon goût: "L'homme bien habillé est celui qu'on ne remarque pas".Réservé et respectueux, fraternel même quand il donne la main à ses voisins de couloirs avant de se caler dans les starting-blocks, Gay s'exprime exclusivement sur la piste."Un peu comme le crack, calme avant la course et premier...
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