Le Centre palestinien de la jeunesse où a eu lieu la cérémonie de clôture du projet.
L'Union européenne, qui a entièrement financé le projet, a recherché principalement à promouvoir le dialogue et l'échange entre des jeunes d'origines sociales différentes à travers les bandes dessinées, un véritable moyen de communication et d'ouverture d'esprit.
Le concours a été lancé le 2 mars 2010. Les participants avaient la possibilité soit de livrer les œuvres en main propre, soit de les envoyer en lettres recommandées. La date limite de l'envoi a été fixée au 31 mars 2010. La compétition est divisée en trois catégories : la première est destinée aux jeunes Libanais et Palestiniens entre 15 et 18 ans. Les jeunes ont travaillé par paire, un travail qui s'est étalé sur 4 ateliers de travail, à travers lesquels ils ont appris les bases artistiques de la BD ainsi que le dialogue interculturel. C'était pour la première fois, en effet, que les jeunes Palestiniens se trouvaient dans un milieu diversifié et devaient côtoyer des jeunes de cultures et de confessions différentes. La deuxième et la troisième catégorie sont composées respectivement d'artistes libanais et euro-
méditerranéens qui ont entre 18 et 30 ans et qui se spécialisent dans le domaine de la BD.
Les œuvres ont été évaluées par un jury essentiellement composé de partenaires du projet ainsi que des artistes célèbres dans le monde de l'art humoristique. Le jury a été présidé par Jad Khoury, créateur de BD et graphiste libanais.
La cérémonie finale a permis aux participants d'exposer leurs œuvres et a été l'occasion de récompenser les gagnants du concours. Des certificats ont été distribués à tous les jeunes qui ont participé aux ateliers de travail, en guise de reconnaissance de leur engagement pour la bande dessinée. De plus, six jeunes Libanais et Palestiniens de la deuxième catégorie ont gagné des ordinateurs portables, des appareils photo ainsi que des collections de bandes dessinées. Deux artistes libanais, Rafic Saab et Hanane Kahi, ont gagné un voyage en Italie où ils représenteront le Liban au festival de bandes dessinées le plus connu d'Europe, le « Luccacomics », qui aura lieu en octobre 2010. Par ailleurs, six jeunes Européens venant d'Italie, de la Macédoine et des Pays-Bas, qui ont remporté la troisième catégorie du concours, ont gagné un voyage au Liban pour venir participer à la dernière séance des ateliers de travail et à la cérémonie finale.
Promouvoir le dialogue et l'échange
L'événement final du concours de BD a été l'occasion pour Cécile Abadie, chargée d'affaires à la Délégation de l'Union européenne, de rappeler que « le projet a visé en premier lieu à instaurer le dialogue et à promouvoir l'échange entre les jeunes Libanais et Palestiniens dans le but de leur apprendre à trouver un moyen pacifique pour affronter les différences culturelles ». Mme Abadie a également insisté sur l'authenticité de l'art comme « moyen de communication efficace pouvant briser les stéréotypes et anéantir les frontières linguistiques et culturelles ». « Je souhaite que le projet puisse instaurer des réseaux d'amitié parmi les jeunes pour d'éventuels futurs projets », a-t-elle poursuivi.
Par ailleurs, le représentant de l'ONG italienne COSV (Comitato di coordinamento delle organizzazioni per il servizio volontario, Comité de coordination des organisations pour le service volontaire), M. Stefano Moschini, a remercié tous les partenaires, en insistant sur le fait que « le projet aurait été impossible sans la contribution de l'UE ». Il a souligné principalement « l'engagement remarquable dont les participants ont fait preuve, dans la véritable organisation, malgré la période de préparation aux épreuves officielles, et l'effort impressionnant des participants face aux techniques sophistiquées de l'art de la BD ».
Par la suite, des représentants de l'association Najdeh, ONG qui travaille dans les secteurs du développement et de l'enseignement dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, et de la revue Samandal ont simultanément noté que le projet sur les sociétés multiculturelles a sans doute été « une expérience incontournable qui a permis aux jeunes Palestiniens de sortir du camp et de rencontrer des jeunes de nationalités différentes ».
« Human's mind is like a parachute ; it functions better when it's open » (Franck Zappa), (« L'esprit humain est comme un parachute ; il fonctionne mieux lorsqu'il est ouvert »). Tel a été l'intitulé de la vidéo, interrompue maintes fois en raison des coupures d'électricité, réalisée par Charlotte Bruno, qui a clôturé la cérémonie. La vidéo a montré le réel travail qui a précédé l'événement final : les ateliers de travail, la découverte du camp, les rencontres entre les jeunes... Cependant, les jeunes Palestiniens, à travers la vidéo, n'ont pas oublié de faire part de leur révolte quant aux difficultés quotidiennes, en raison de l'absence quasi totale d'infrastructure urbaine, mais également à cause de l'insalubrité des habitations et de la recherche d'emploi qui, souvent, se solde par des échecs, des difficultés ressenties et relatées par les jeunes Libanais.


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