Le collier de Marie-
Antoinette en est un des plus célèbres: le 29 janvier 1785, le cardinal de Rohan commande aux joailliers Boehmer et Bassenge, au nom de la jeune et jolie épouse de Louis XVI, un collier de diamants d'une valeur de seize cent mille livres payables en deux ans, par échéances de six mois. Le 1er août, les joailliers ont réclamé leur dû. En vain. La plus extravagante escroquerie du siècle est révélée. En effet, à aucun moment Marie-Antoinette n'a commandé l'achat du superbe bijou. L'affaire a été montée par une aventurière de haut vol, Jeanne de la Motte, qui, faisant croire au cardinal qu'elle est l'amie intime de la reine et usant de fausses lettres, lui demande de rendre service à la reine en lui achetant ce collier, que les finances du royaume et le roi lui refusent. Aspirant au poste de Premier ministre que Marie-Antoinette lui refuse, il s'exécute sans hésiter. Le 9 août 1785, la reine apprend la supercherie. Elle accuse le cardinal et exige du roi son arrestation. Rares sont ceux qui croient à la culpabilité de Rohan, et le bruit court qu'en le faisant arrêter, la reine a voulu se débarrasser d'un témoin gênant. Le procès de Rohan se transforme en procès de la reine et l'affaire cristallise tous les mécontentements latents. La reine est innocente, mais tout l'accuse, sa frivolité, ses folles dépenses, ses caprices passés et le peu de cas qu'elle fait de son faible époux. Le jugement du Parlement donne le coup de grâce à Marie-Antoinette. La Motte est incarcérée mais le cardinal acquitté. C'est le triomphe du Parlement contre la monarchie, renforcé par l'habituelle faiblesse de Louis XVI, qui, loin de congédier les juges, se contente de bannir Louis de Rohan. Une demi-mesure qui outrage la justice sans rétablir l'honneur de la reine. Sa réputation est ruinée. La monarchie est isolée. La voie est ouverte vers la révolution...


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