Claude Chalhoub : un regard, un mouvement et toute la passion d’un artiste habité par sa musique.(Michel Sayegh)
Sous le chêne du village de Sourat et devant un public qui grossit au fil des années, entouré d'une formation de musiciens hollandais, Claude Chalhoub a surfé sur les compositions de Haendel, Mendelsson ou les siennes. C'est une musique sans frontières et surtout sans contraintes qu'il livre avec passion et fougue. « Je n'ai jamais cru à l'embrigadement des talents, dit-il, ils trouvent toujours moyen de se libérer. » En effet, malgré la guerre et les difficultés du pays, Chalhoub a réussi à canaliser son talent et à l'exprimer à sa manière.
Flash-back donc sur le parcours particulier de ce jeune virtuose. Après le Conservatoire libanais, Claude Chalhoub s'installe à Londres et poursuit ses études et des « masterclasses » auprès d'éminents professeurs. « J'étais dans le milieu naturel de la musique », précise-t-il. Après un prix d'excellence en 1997, au Royal College of Music de Londres, l'artiste multiplie les concerts à travers l'Europe et les États-Unis.
En 1999, lorsque Daniel Barenboim fonde, à Weimar, le Centre culturel européen, le West-Eastern Divan, à la fois atelier musical et orchestre, il choisira Chalhoub comme un des deux premiers violonistes.
La musique du cœur
Malgré son infatigable nomadisme, Chalhoub demeure profondément sédentaire et sa musique qui voyage et dépasse les frontières reste ancrée dans ce sublime classicisme en s'émaillant de tonalités orientales. Un retour aux sources qu'il signe avec intransigeance et professionnalisme. Ses compositions se situeront alors au-delà de la musique classique, agrémentées de musiques du monde entier, avec certes une prédilection pour celles venues d'Extrême-Orient. « Notre musique orientale est trop belle pour être ignorée, dit-il avec regret. Dommage qu'elle ne soit pas bien explorée. En effet, l'Occident n'en connaît qu'une facette. C'est pourquoi j'insère de plus en plus des harmonies orientales dans mes compositions. » Et d'enchaîner : « J'aime faire partie d'une bonne musique quand je la trouve pour mieux la partager. »
Quand on évoque des rêves et des projets à Claude Chalhoub, il se contente de dire que pour lui le plus grand rêve s'est déjà réalisé. « C'est à la fois une bénédiction et un privilège de jouer du violon et de faire ce que j'aime le plus au monde. » Et de poursuivre : « En musique, il ne s'agit pas de planifier ou de projeter. Il me suffit de composer et de créer, et tout le reste coule naturellement. »
Participer à des concerts, inviter des amis avec qui il partage sa vision de la vie ou composer (deux albums à son actif et des musiques de films), autant de petits maillons qui s'imbriquent l'un dans l'autre pour former cette grande chaîne dans laquelle évolue ce musicien exigeant. Sa difficulté de créer réside dans une équation unique. Douleur et confort. « Deux états d'esprit qui permettent à un artiste d'être productif », conclut-il.
Une leçon de passion, mais aussi de discipline que véhicule ce compositeur à travers ses notes musicales.


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