Seuls les membres du Conseil des hauts oulémas dans le royaume sont désormais autorisés à promulguer des fatwas, selon le décret qui intervient au début du ramadan, le mois de jeûne sacré pour les musulmans dans le monde.
Le roi demande au grand mufti, qui dirige le Conseil, d'élaborer une liste des oulémas habilités à promulguer des avis religieux. Cette limitation est nécessaire car certains religieux avaient outrepassé leurs prérogatives et promulgué des fatwas ayant causé des disputes parmi les musulmans.
"Nous avons noté des violations que nous ne pouvons permettre. Il est de notre devoir religieux d'y faire face de manière ferme pour protéger la religion et l'unité et prévenir le mal. Tous ceux qui violent cet ordre seront punis car l'intérêt de la religion et la nation est au dessus de tout", a-t-il mis en garde dans le décret.
Une bataille rangée s'est ouverte ces derniers mois en Arabie saoudite sur la question des fatwas, après la promulgation d'avis religieux parfois farfelus dans le royaume ultra-conservateur où la religion régit les moindres aspects de la vie quotidienne.
L'une des fatwas au centre de la polémique est celle promulguée par un ouléma, cheikh Adel al-Kalbani, selon lequel l'islam n'interdit pas la musique. "Il n'y a pas de texte clair en islam prohibant la musique", a-t-il affirmé, alors que les concerts sont interdits dans le royaume.
Un ouléma de renom, cheikh Abdel Mohsen al-Obeikan, a lui aussi provoqué des remous en estimant qu'une femme pouvait contourner la stricte loi imposant la ségrégation des sexes dans le royaume en allaitant l'homme qu'elle souhaiterait côtoyer.
En juin, le grand mufti du royaume, cheikh Abdel Aziz Al Cheikh, a estimé que "ceux qui promulguent des fatwas sans être qualifiés doivent être arrêtés".

