Ce réseau, a-t-il affirmé dans sa déclaration hebdomadaire au quotidien de son parti, ouvre à Israël les domaines politique, économique et social. « C'est tout le climat interne libanais qui est ainsi exposé, ce qui met en danger aussi bien l'aspect sécuritaire que militaire », a constaté M. Joumblatt.
« Tous les environnements peuvent être porteurs d'appui à ce type de vénalité », a-t-il affirmé.
Le chef du PSP a considéré « sans précédent » cette perméabilité du Liban à l'influence occulte d'Israël, sur tous les plans.
Aux yeux du chef du PSP, cette situation justifie d'autant plus l'idée d'une vate campagne en faveur de l'armée et la création d'un fonds spécial destiné à l'achat d'armement.
M. Joumblatt s'est félicité de ce que l'incident de Adaïssé ait démontré que l'armée n'a rien perdu de sa « combativité » et de « son idéologie de combat arabe » face à Israël.
Au sujet des fonds nécessaires à l'armée, M. Joumblatt a critiqué les budgets pompeux et les dépenses somptuaires prévues par le projet de budget. « Il est préférable, a-t-il dit, d'adopter un plan d'austérité bien étudié qui accorderait à l'armée des possibilités financières de s'approvisionner librement en armes. »
À cœur ouvert
Par ailleurs, dans un dialogue à cœur ouvert avec les jeunes de son parti dont certains échos sont parvenus au journal al-Khaleej paraissant aux Émirats arabes unis, M. Joumblatt s'est livré à une rétrospective critique de toute l'action de son parti depuis 1977, année de l'assassinat de son père et de son entrée sur la scène politique.
M. Joumblatt a redit connaître les assassins de son père (ndlr : le régime syrien), mais avoir décidé de « dépasser personnellement » ce drame, après l'avoir « dépassé politiquement ». Un drame dont près de 200 chrétiens ont payé le prix de leurs vies.
Le chef du PSP a également passé en revue, pour ses interlocuteurs, certaines des grandes étapes traversées par sa milice, durant la guerre, citant l'invasion israélienne de 1982 et le « choix de la Syrie », les divergences qui ont opposé le PSP au mouvement Amal, en 1985 lors de la « guerre des camps », contre laquelle sa formation était hostile, en passant par « la guerre du drapeau » qui l'a opposé au mouvement Amal, et dont il a affirmé qu'il s'agissait d'une « erreur ».
Selon M. Joumblatt, cette « guerre gratuite » a été induite entre les deux milices par un « agent » infiltré dans le PSP.
Au sujet du Tribunal spécial sur le Liban, et tout en se déclarant favorable à cette cour, « à condition qu'elle ne soit pas politisée », le leader druze s'est demandé comment Washington et Tel-Aviv ont pris connaissance de l'acte d'accusation, du moment que l'enquête est secrète, ajoutant que l'ancien ambassadeur américain au Liban, Jeffrey Feltman, lui avait communiqué l'acte d'accusation « il y a des mois de cela ».
M. Joumblatt a également protesté contre les « faux témoins » sur lesquels semble compter le TSL, et affirmant que Mohammad Zouheir Siddiq, l'un des principaux « faux témoins, avant induit en erreur la cour, se trouve à présent en Nouvelle-Zélande » et se demandant le pourquoi de cette complète liberté de déplacement dont il jouit.

