Hatem Ben Arfa se voit donner une nouvelle chance avec Blanc. Saura-t-il cette fois la saisir ? Franck Fife/AFP
Pour Laurent Blanc, Hugo Lloris est le seul joueur « incontournable » après le fiasco du Mondial. Derrière le portier lyonnais, tout reste donc ouvert, Steve Mandanda n'ayant jamais vraiment convaincu en équipe de France et Cédric Carrasso,
n° 3 en Afrique du Sud, jamais aligné. Pour Stéphane Ruffier (23 ans), il s'agit donc d'une opportunité en or, lui qui avait dû sacrifier ses vacances pour jouer le 24e homme en Coupe du monde durant 6 jours sans avoir la possibilité de figurer sur la feuille de match.
Une défense à recomposer
Laurent Blanc ne l'a pas caché : il y aura des places à prendre en défense. « Il y a des secteurs, comme la charnière centrale, où il faut rebâtir, car en Afrique du Sud on n'a pas pu compter sur une assise défensive », a-t-il déclaré en dévoilant sa première liste. Gallas, 33 ans le 17 août, semble en effet hors course, alors que l'avenir d'Abidal et d'Evra, dont la crédibilité sportive a été entamée au Mondial et qui sont en plus sous le coup d'une procédure disciplinaire après la grève de l'entraînement du 20 juin, est très flou.
De quoi donner des idées à Mexès (28 ans, 13 sélections), longtemps considéré comme le futur patron de l'axe de la défense bleue mais qui ne s'est jamais vraiment remis de sa prestation catastrophique en Autriche (1-3), en septembre 2008. Rami, dans les 30 présélectionnés pour la Coupe du monde, peut également devenir un recours crédible. Mais c'est sans aucun doute Mamadou Sakho, titulaire au PSG à 20 ans, qui incarne l'avenir. « Il a un profil intéressant parce qu'il joue dans un grand club français et il a une autre qualité, il est gaucher, a expliqué Blanc. Des gauchers dans une charnière centrale, ce n'est pas facile à trouver. Il m'apparaissait opportun de pouvoir l'appeler et de parler avec lui. »
À gauche, si Evra et Abidal venaient à être écartés, Trémoulinas, que Blanc a bien connu à Bordeaux, ou le Lyonnais Cissokho se tiennent prêts pour concurrencer Clichy.
Qui avec Toulalan ?
Tout dépendra du schéma tactique imaginé par Blanc, mais il y aura forcément des places à prendre au milieu de terrain. En attendant les retours de Toulalan, de Diaby et d'Alou Diarra, Lassana Diarra a une belle carte à jouer, lui qui avait dû renoncer au Mondial dès le stage de préparation à Tignes après la découverte d'une maladie sanguine héréditaire. Mais il devra surtout récupérer une place de titulaire au Real Madrid. Les jeunes Moussa Sissoko (21 ans le 16 août, 2 sélections), Matuidi (23 ans) et Mvila (20 ans) en sont encore au stade de la découverte et vont déjà tenter de grappiller une place ou deux dans le groupe avant de pouvoir songer à un statut de titulaire.
Un secteur offensif en ruines
Sans Henry, néo-retraité international, Anelka, qui risque de payer cher ses insultes à Domenech à l'origine de la crise des Bleus, ni Gourcuff, suspendu pour les deux premiers matches des éliminatoires de l'Euro 2012, Laurent Blanc doit reconstruire de A à Z l'attaque de l'équipe de France. Logiquement, la voie semble libre pour Benzema (27 sélections, 8 buts), jamais vraiment apprécié par Domenech et l'un des grands oubliés du Mondial. Loïc Rémy (23 ans, 1 sélection) peut également être une solution.
Aux postes de milieux offensifs, Ribéry et Malouda devraient rapidement récupérer leurs places en équipe de France.
Mais Nasri, capable d'évoluer à gauche ou dans l'axe et lui aussi snobé par Domenech depuis l'Euro 2008, a des arguments à faire valoir pour venir titiller Gourcuff.
Pour Ben Arfa, Hoarau, Menez, la partie s'annonce plus compliquée dans un premier temps.

