Une Russe, tenant son bébé, pleure devant les ruines de sa maison détruite par les flammes. Alexey Sazonov/AFP
Le dernier bilan officiel du ministère faisait état hier de 28 morts, mais deux corps supplémentaires ont été retrouvés, portant le décompte à 30 morts. Il n'a pas été possible hier de joindre le ministère pour des précisions sur ces informations. Dans un bulletin d'information placé sur son site Internet et décrivant la situation à 06h00 du matin, le ministère faisait état de 774 foyers d'incendie sur le territoire russe. « En raison de phénomènes météorologiques défavorables dans plusieurs zones des régions du centre et du bassin de la Volga (hautes températures jusqu'à 40°C, fort vent jusqu'à 20 m/seconde), la situation s'est fortement aggravée », disait ce bulletin.
Les services forestiers de l'extrême Est du pays ont en outre annoncé hier que les incendies de forêt avaient triplé de surface dans la région, touchant près de 100 000 hectares de taïga et 300 000 hectares de zones non boisées. Selon la porte-parole du ministère des Situations d'urgence, ce sont 180 000 hommes et plus de 30 000 véhicules, hélicoptères ou avions, assistés de militaires, qui luttent contre les feux de forêts. Le ministère avait auparavant cité le chiffre de 240 000 hommes.
Dans la région de Nijni Novgorod (centre), la situation est tendue près de la ville de Sarov, où se trouve le centre de recherche nucléaire d'Arzamas-16, a déclaré hier le gouverneur Valeri Chantsev. « L'incendie menace Sarov, où se trouve le Centre fédéral de recherche nucléaire », a déclaré le gouverneur, cité par l'agence ITAR-Tass. Le ministère des Situations d'urgence a réagi en affirmant que « rien ne menace » le centre d'études nucléaires. Samedi, le service de presse d'un autre site sensible, la centrale nucléaire de Novo-Voronej, située dans la région de la ville du même nom (600 km au sud-est de Moscou), avait lui aussi démenti tout risque pour ses installations.
Les services météorologiques ont par ailleurs averti que la canicule, qui frappe la partie occidentale de la Russie depuis un mois, n'allait pas faiblir cette semaine. Les températures pourraient atteindre 41 degrés Celsius d'ici à vendredi dans les régions de Russie centrale. Le patriarche de Moscou, Kirill, lors d'une cérémonie dans la région de Nijni Novgorod, a appelé à prier pour le « don de la pluie ». À Moscou, le président Dmitri Medvedev, relativement effacé dans cette crise, a entendu les rapports des gouverneurs des régions les plus touchées, sur la lutte contre le feu, mais aussi les mesures d'aide aux victimes, a annoncé le Kremlin. Selon le ministère du Développement régional, 1 875 habitations ont été détruites par le feu.
Des images non diffusées vendredi par la télévision publique, et placées sur Internet, ont montré que le Premier ministre Vladimir Poutine, lors de sa visite le même jour dans un village détruit par le feu, avait été vivement pris à partie par des habitants, accusant les autorités d'avoir ignoré tous leurs appels à l'aide.

